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Élus franciliens privés de voyage à Auschwitz: Valérie Pécresse "assume"

Valérie Pécresse

Valérie Pécresse - ERIC PIERMONT / AFP

La présidente de la région Ile-de-France ne veut plus qu'un groupe politique accompagne les lycéens franciliens à Auschwitz depuis l'inscription d'élus Front national.

La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse (LR), qui a décidé qu'aucun groupe politique n'accompagnerait un voyage de lycéens franciliens à Auschwitz à la suite de l'inscription d'élus Front National, "assume" samedi "de ne pas vouloir de troubles" dans ce voyage.

Dans un tweet, Valérie Pécresse est revenue samedi sur sa décision annoncée jeudi, qui a provoqué la colère du groupe FN, mais aussi celle de plusieurs groupes politiques du conseil régional. "J'assume de ne pas vouloir de troubles dans un voyage si bouleversant pour les lycéens franciliens", dit-elle.

Les élus FN portent plainte

Les élus FN du conseil régional avaient annoncé jeudi qu'ils portaient plainte pour "discrimination à raison des idées politiques" après s'être vu refuser par la Région un déplacement avec des lycéens franciliens au camp d'extermination nazi.

Après inscription pour la première fois à ce voyage de deux élus FN, un déplacement qui pouvait "légitimement susciter le trouble", selon la Région, cette dernière a décidé qu'un seul représentant de l'exécutif, et aucun élu, n'y participerait.

Le FN "incompatible avec ce travail de mémoire"

Dans la majorité régionale, le groupe UDI a estimé "injuste" que tous les groupes en soient privés et souhaite que les déplacements soient maintenus pour "l'ensemble des groupes politiques siégeant à la Région, à l'exception du FN dont l'histoire et les valeurs sont complètement incompatibles avec ce travail de mémoire".

Pour Yann Wehrling, du groupe Modem, également dans la majorité régionale, "il ne fait aucun doute que la présence, cette année, d'élus du Front national dans la délégation (...), au regard des positions et de l'histoire de ce parti, ne pouvait s'envisager un seul instant". Mais pour lui, "la présence des élus des autres groupes (...) doit être maintenue" car participant du "travail de mémoire".

Pour le groupe Front de Gauche, "que des élus d'un parti créé par d'anciens SS et miliciens et dont le président 'd'honneur' (Jean-Marie Le Pen) a été condamné pour négationnisme suite à des déclarations antisémites soient interdits d'accompagner des lycéens et lycéennes est une évidence".

Pour sa part, le groupe écologiste se déclare "choqué du recul" de Mme Pécresse et lui demande "d'assumer clairement une position contre la présence d'élus du FN tout en permettant aux autres d'être présents". Même remarque d'Eddie Aït, du groupe RDCEC (radicaux de gauche): "En privant l'ensemble des élus républicains et démocrates d'Ile-de-France du devoir mémoriel (....), vous cédez au FN (...)", a-t-il tweeté.

P.L avec AFP