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Régionales: les scénarios du second tour, région par région

Une carte possible de la France au second tour malgré un grand nombre de régions où l'issue est très incertaine en raison de la volatilité du report de voix

Une carte possible de la France au second tour malgré un grand nombre de régions où l'issue est très incertaine en raison de la volatilité du report de voix - BFMTV

Alors que les projections imaginent déjà une, deux ou trois régions dirigées par le FN dimanche prochain, il reste en fait très difficile de dessiner les contours de l'Hexagone au soir du 13 décembre. Notamment en raison de nombreuses triangulaires qui rendent le scrutin indécis.

Le premier tour des élections régionales a sacré le Front national en lui donnant le première place dans 6 régions métropolitaines sur 12. Et si la victoire semble à portée de main dans quatre d'entre elles - Marine Le Pen dans le Nord, Marion Maréchal-Le Pen en Paca, Florian Philippot, renforcé par le maintien du candidat PS, en Alsace ou même Sophie Montel en Bourgogne - quelles sont les régions qui peuvent échoir à la droite et à la gauche? Premier constat, la Bretagne mise à part, ou Jean-Yves Le Drian est nettement favori, l'analyse est marquée par l'indécision et la volatilité du report des voix. Tour d'horizon.

> Auvergne-Rhône-Alpes

Le candidat de la droite et du centre Laurent Wauquiez est arrivé largement en tête (31,73%) au premier tour en Auvergne-Rhône-Alpes mais devra batailler pour ravir la nouvelle région au socialiste Jean-Jack Queyranne (23,93%), pourtant devancé par le FN Christophe Boudot (25,52%).

Un bon report des voix du Parti communiste et d'EELV vers la liste Queyranne pourrait néanmoins placer celle-ci en tête au second tour même si les négociations s'annoncent âpres.

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> Pays-de-la-Loire

Dans les Pays-de-la-Loire, l'union de la droite, menée par Bruno Retailleau (Les Républicains), est arrivée largement en tête (33,49%) dimanche devant le PS (25,75%) et ses alliés, talonnés par le FN (21,35%). Mais la reconquête de cette région traditionnellement de droite, ravie en 2004 à François Fillon par le socialiste Jacques Auxiette, qui ne se représentait pas après deux mandats, reste incertaine.

"Le total des voix de gauche est légèrement supérieur aux voix de droite", a souligné le président PS sortant, prédisant un "score extrêmement serré" au second tour.

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> Normandie

En Normandie, seulement 1.500 voix séparent le candidat de la droite Hervé Morin (27,91%) de son opposant FN Nicolas Bay (27,71%). Mais derrière ce duel, Nicolas Mayer-Rossignol (23,52%), le candidat du PS peut lui espérer récolter dans une triangulaire indécise les voix du Front de gauche (7%) et des écologistes (6%) en opérant une fusion.

"La gauche additionne des carottes et des tomates", a aussitôt raillé Hervé Morin, insistant sur les divergences au sein de la gauche.

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> Ile-de-France

Le second tour s'annonce disputé en Ile-de-France entre la candidate de droite Valérie Pécresse (30,51%) et celui du PS Claude Bartolone (25,19%). Les deux débattront mercredi sur BFMTV dès 8h20 avec le candidat frontiste Wallerand de Saint Just crédité de plus de 18% des suffrages.

Claude Bartolone a d'ores et déjà reçu le soutien d'EELV et de sa patronne-tête de liste Emmanuelle Cosse et ses 8% mais se heurte au refus Pierre Laurent et de ses 6%. A droite, Nicolas Dupont-Aignan (6,75%) a rejeté toute fusion avec la droite comme avec le FN.

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> Bretagne

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, sans faire campagne et même sans être sûr de présider la région en cas de succès, se place largement en tête pour le second tour des élections régionales en Bretagne où son score (34,94%) fait exception dans le paysage national.

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> Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes

Le socialiste Alain Rousset, en dépit d'une chute de plus de sept points (par rapport à 2010), est arrivé en tête dimanche dans la région avec 30,4% des voix, soit trois points d'avance sur une union de la droite et du centre de Virginie Calmels. En troisième position, le Front national et sa tête de liste Jacques Colombier triple presque son score par rapport aux précédentes régionales, avec 23,2%.

Le report des voix semble favorable à Alain Rousset qui pourrait récupérer une part du score cumulé (16%) de liste écologiste (5,8% et qui peut donc fusionner) et des quatre d'extreme gauche présentes au second tour.

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> Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées

Louis Aliot est en tête avec 31,83% des voix au premier tour. Pourtant, la gauche pourrait empocher cette région puisque l'ex-secrétaire d'Etat Carole Delga (24,41%) peut compter sur les 10% des écologistes de Gérard Onesta qui a fusionné voire sur les 5% du dissident PS Philippe Saurel, déterminé à "s'opposer au FN".

En outre le maintien, comme le préconise Nicolas Sarkozy, du candidat LR-UDI Dominique Reynié (18%) pourrait consolider la première place de Carole Delga. 

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> Centre-Val-de-Loire

La photographie du premier tour qui place le FN Philippe Loiseau (30,49%) à la première place laisse de nombreuses options ouvertes avant le second tour. Derrière lui le candidat LR-UDI Philippe Vigier atteint 26,25% et celui du PS François Bonneau 24,31%.

Dans cette région, les reports de voix des écologistes (6,61%), des communistes et de l'extrême gauche (6,30%) comme ceux de Nicolas Dupont-Aignan (4,58%) vers la droite ou le FN peuvent faire basculer le scrutin.

A noter que les écologistes, ce n'est pas le cas de l'extrême gauche, ont fait plus de 5% et peuvent négocier une fusion des listes.

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Samuel Auffray