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La migration d'élus PS vers Emmanuel Macron aura-t-elle lieu?

Une partie des soutiens de Manuel Valls pourrait être tentée de rejoindre Emmanuel Macron, mieux placé dans le sondages à l'heure actuelle, moins critique de l'action du gouvernement pendant cinq ans et plus proche de leurs idées. Néanmoins, tous ne sont pas résolus à quitter le Parti socialiste.

Et voilà Benoît Hamon a remporté la primaire à gauche face à Manuel Valls. Un résultat qui sonne comme une critique cinglante de la politique menée par François Hollande depuis son élection et par celui qui a été son Premier ministre depuis 2014. Pourtant, si l'on a beaucoup parlé des députés dits frondeurs à l'Assemblée nationale, l'exécutif a toujours pu compter sur un nombre important d'élus socialistes pour voter ses textes.

Ils soutenaient sans surprise Manuel Valls dans cette primaire. Désormais, ceux-ci ne s'imaginent pas soutenir un candidat qui critique leur action depuis 5 ans et envisagent de rejoindre le mouvement En Marche d'Emmanuel Macron à la ligne "progressiste" dont ils se sentent proches. "Un certain nombre de socialistes ne se rangeront pas derrière Hamon", affirme sur BFMTV l'avocat Jean-Pierre Mignard, proche de François Hollande. 

"Mon téléphone ne sonne pas plus depuis hier soir", évacue pour le moment le secrétaire général du mouvement Richard Ferrand sur BFMTV. Possible que cela s'accélère à partir de mardi, jour où des députés PS, dont Gilles Savary, présenteront un texte pour prévenir qu'ils comptent exercer leur "droit de retrait" pour la campagne présidentielle à venir. Mais l'élu précise: il ne s'agit pas d'un appel à voter Emmanuel Macron, comme le dit une rumeur insistante. Pas encore. Ou pas pour l'ensemble des 60 signataires du moins.

"On sait se tenir. On ne va pas partir chez Macron demain!"

Dans Le Parisien du jour, un élu explique: "On sait se tenir. On ne va pas partir chez Macron demain! Mais après-demain...". Néanmoins, chez les soutiens de Manuel Valls deux lignes se confrontent: ceux qui ne se voient pas ailleurs qu'au PS et ceux qui s'interrogent. "Je me sens plus proche d'Emmanuel Macron que de Jean-Luc Mélenchon, c'est clair, pose le député PS François Loncle. Nous verrons ce que propose Benoît Hamon". Sera-t-il prêt à des concessions?

Chez En Marche! le cap fixé est inflexible, assure Richard Ferrand. Et le mouvement "ne peut pas devenir une annexe de l'aile droite du PS", pose le Breton. Surtout il prévient les opportunistes: un ralliement n'équivaut pas à une investiture automatique aux législatives de 2017.

Un bon coup pour Macron

Tant en termes politiques que humains, cette victoire de Benoît Hamon sert les intérêts de Emmanuel Macron, donné au coude-à-coude avec François Fillon dans un sondage publié dimanche soir. Sans parler des militants qui s'interrogent franchement sur la conduite à tenir, le pôle des réformateurs du PS pourrait franchir le pas. Ainsi dès dimanche, le député Alain Calmette a expliqué dans une lettre partagée sur son compte Twitter qu'il rejoint le mouvement En Marche! après 24 ans de carte au PS.

Il écrit ne pas pouvoir "pardonner les divisions qu'ont créées les frondeurs à l'Assemblée nationale". Alain Calmette se définit politiquement comme "Macrono-vallsiste". Derrière la victoire du courant Hamon-Montebourg-Aubry qui penche plutôt vers Jean-Luc Mélenchon, c'est une nouvelle facette du PS qu'a engendré le résultat de dimanche. N'en déplaise à Emmanuel Macron qui aime à se définir "ni de droite, ni de gauche". 

Samuel Auffray