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Hollande envisage de sécher la passation de pouvoir si Le Pen est élue

François Hollande.

François Hollande. - GABRIEL BOUYS / AFP

Le président ne serait pas obligé d'assister à l'investiture de son successeur, selon un ancien chef du protocole interrogé par BFMTV.com.

C’est un signe supplémentaire de l’inquiétude de François Hollande. Selon un article de L’Opinion paru ce jeudi, le président de la République se demande s’il serait obligé d’être présent le jour de l’investiture de Marine Le Pen, au cas où celle-ci remportait la présidentielle. Le quotidien écrit:

"François Hollande est persuadé que Marine Le Pen peut gagner l’élection. Il a d’ailleurs demandé au protocole de l’Elysée si, dans cette hypothèse, il serait obligé d’assurer personnellement la passation de pouvoir".

L’anecdote confirme que le chef de l’Etat, qui penche pour Emmanuel Macron, est obnubilé par l’éventualité d’une victoire de la candidate du FN le 7 mai. "La menace existe", a-t-il ainsi jugé dans une interview à six journaux européens début mars. "Cette campagne sent mauvais", a-t-il également commenté en privé, selon un article du Monde publié mercredi.

Eviter la passation? "Ce n'est pas impensable"

Mais François Hollande pourrait-il vraiment se soustraire à la passation de pouvoir avec son successeur, s'il le souhaitait? Oui, selon un ancien chef du protocole à l'Elysée contacté par BFMTV.com. Celui-ci assure:

"Ce n'est pas impensable. Le président de la République peut ne pas assister à l'installation de son successeur, même si la tradition en a toujours voulu autrement".

Les modalités de l'investiture du président élu ne sont pas définies par la Constitution mais par des simples pratiques républicaines.

Cazeneuve s'interroge aussi

La perspective d’une alternance au profit de Marine Le Pen fait également réfléchir Bernard Cazeneuve. Si cela devait arriver, le Premier ministre envisagerait de se maintenir à Matignon jusqu’aux élections législatives, selon un indiscret du magazine Challenges publié fin mars.

Ce scénario, possible mais contraire à tous les usages républicains, a toutefois été démenti par l’entourage du chef du gouvernement auprès du Lab d'Europe 1.

Ghislain de Violet