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Comment marchent ces applications qui donnent Fillon favori de la présidentielle?

Les applications et sites d'opinion connaissent une hausse de fréquentation considérable depuis le lancement de la campagne présidentielle. Ils se différencient des instituts de sondage en donnant François Fillon favori du premier tour.

Ils s'appellent "GOV" ou "Multivote". Ces nouveaux médias d'opinions, lancés avant le début de la campagne présidentielle, veulent être une alternative viable aux instituts de sondages, plus traditionnels.

Qu'ils s'agissent d'applications mobiles ou de sites internet, tous proposent la même formule: s'inscrire puis donner son avis. Avec un vote totalement ouvert, ces médias affichent des résultats de sondages différents des enquêtes menées par les instituts.

"Ce n'est pas le même tiercé que l'on peut voir avec les instituts de sondage", se félicite le fondateur de "Multivote" Xavier Juredieu, qui pense "être plus proche du sentiment des gens qui sont mobilisés, qui vont aller voter".

François Fillon vainqueur au premier tour

Sur ces applications, c'est le candidat de la droite et du centre François Fillon qui est donné vainqueur lors du premier tour, devançant Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

"Vient sur GOV qui veut, c'est la raison pour laquelle je vois émerger des opinions que vous ne voyez pas dans les médias. Je considère que François Fillon a encore une énorme chance de remporter la présidentielle", estime le fondateur de "GOV" Bobby Demri.

Une lecture différente de l'opinion

Mais les instituts de sondage alertent sur cette méthode différente. Elabe rappelle notamment que n'importe qui pouvant voter, il suffit d'une mobilisation plus forte de l'électorat d'un candidat pour influencer sur l'enquête d'opinions.

"Ce que ça nous apprend, c'est surtout le fait que les soutiens de François Fillon y vont pour appuyer la candidature de leur candidat, pour le mettre davantage en lumière. Mais c'est tout l'inverse de ce qui est réalisé dans les enquêtes d'intentions de vote", explique Yves-Marie Cann, le directeur des études de l'institut Elabe.

Autre élément que pointent du doigt les sondeurs: l'absence de contrôle. Contrairement aux applications et aux sites d'opinion en ligne, les enquêtes des instituts de sondages sont contrôlées par une commission.

Florian Huvier avec Fabien Crombé et Anaïs Crouts