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Coaching vocal, bouteilles de vin, teinturerie: les frais retoqués des candidats à la présidentielle

Malgré plusieurs rectifications, les comptes de campagne de tous les candidats à l'élection présidentielle 2017 ont été validés par la Commission nationale. (Photo d'illustration)

Malgré plusieurs rectifications, les comptes de campagne de tous les candidats à l'élection présidentielle 2017 ont été validés par la Commission nationale. (Photo d'illustration) - Damien Meyer - AFP

Les décisions de la Commission nationale des comptes de campagne font apparaître plusieurs dépenses insolites des candidats pendant la présidentielle de 2017.

La Commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP) a validé mardi ceux des onze candidats à l'élection présidentielle de 2017, selon des décisions publiées mardi au Journal officiel. Cette fois-ci, aucun compte n'a été invalidé, contrairement à ce qui s'était passé pour Nicolas Sarkozy en 2012.

Tous les comptes ont cependant été rectifiés, souvent pour des absences de justificatifs, parfois parce que les frais ne rentraient pas dans les critères de remboursement, occasionnellement car ils avaient déjà été pris en charge par les partis eux-mêmes.

Près de 14.000 euros de bouteilles de vin

Certains frais détonent par leur nature parmi les décisions publiées au JO. Ainsi, Jean-Luc Mélenchon a tenté de se faire rembourser pour 13.872 euros de bouteilles de vin: "or, ni le nombre de bouteilles vendues, ni la comptabilité correspondante n'ont été apportés; faute de justifications satisfaisantes, il convient de retrancher du compte, en dépenses et en recettes, la somme de 13.872 euros", tranche la commission.

En revanche, le candidat de La France Insoumise a fait rééditer deux de ses ouvrages pendant la campagne, Le Hareng de Bismarck et De la vertu. La commission a considéré que leurs frais de promotion auraient dû être intégrés à son compte.

Outre 4450 euros de frais de taxi, Jean Lassalle s'est également vu retoquer plus de 5000 euros de réparations sur un "véhicule automobile" et 267 euros de frais de teinturerie, au motif que ces dépenses n'étaient pas "engagées ou effectuées en vue de l'élection et spécifiquement destinées à l'obtention de suffrages".

Des campagnes sans frontières

Nicolas Dupont-Aignan est allé faire campagne jusqu'en Bulgarie, pour une dépense totale de 2568 euros. La CNCCFP n'a pas été convaincue par le déplacement, jugeant les frais "insuffisamment justifiés", et a retranché la somme des remboursements.

L'addition est plus salée pour Marine Le Pen, qui se voit refuser plus de 40.000 euros pour une "prestation non effectuée" et des "achats d'objets promotionnels invendus", des dépenses qui n'auraient pas été engagées en vue de l'élection ou pour obtenir des voix. A noter que la commission a aussi refusé environ 3600 euros de frais "refacturés" pour des traductions de discours et d'éléments de son programme.

Un "coaching" à charge des candidats

La commission a également jugé que les frais de "coaching" constituaient des "dépenses à caractère personnel". Les frais de "coaching" de l'équipe de campagne de Jacques Cheminade, qui s'élèvent à 2400 euros avec la restauration, resteront donc à la charge du candidat.

Même sentence pour Emmanuel Macron, dont les honoraires de "coaching vocal", s'élevant à plus de 11.000 euros avec les frais de sécurité personnelle, n'ont pas été validés.

Toutes ces modifications ne signifient pas que les partis ont sciemment tenté de se faire rembourser des frais qui ne rentreraient pas dans ceux admis par la commission. Dans un communiqué, La France insoumise a notamment rappelé que "celle-ci (leur) avait en effet conseillé de lui transmettre l'ensemble des frais ayant un rapport avec la campagne électorale afin qu'elle puisse juger de leur inclusion ou non dans les dépenses de campagne".

Liv Audigane