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Cabinet noir, écoutes... "Une probabilité extrêmement forte" selon Ciotti

Eric Ciotti

Eric Ciotti - JOEL SAGET / AFP

Eric Ciotti et François Baroin ont tous deux soutenu le candidat François Fillon d'avoir placé dans le débat de la campagne l'existence d'un éventuel cabinet noir au sommet de l'Etat.

L'hypothèse que François Fillon soit sur écoute, évoquée samedi en petit comité par le candidat lui-même, est "une probabilité extrêmement forte", a jugé sur Europe 1 ce dimanche son lieutenant Eric Ciotti, en charge de la mobilisation dans la campagne du candidat de la droite.

"Il n'y aurait pas d'illégalité juridique mais il y aurait une fois de plus un scandale démocratique, a-t-il ajouté. C'est en gros ce qui se passe depuis deux mois où on a de façon inédite sous la Ve République l'immixtion d'une autorité judiciaire dans le cours du calendrier démocratique".

En déplacement samedi dans les Pyrénées-Atlantiques, François Fillon a réaffirmé, devant quelques journalistes, que des "soupçons lourds" pesaient sur le président François Hollande sur les fuites dans la presse sur ses affaires judiciaires. Jeudi soir dans l'Emission politique sur France 2, il parlait d’"un cabinet noir" à la disposition du chef de l'Etat.

"Interrogations sérieuses"

"Il a eu raison de poser l’interrogation, a estimé son soutien François Baroin sur RTL. Il a mis en lumière la réalité qu'il y a dans ce livre, c'est-à-dire des interrogations sérieuses sur toute une série de torsions sur le plan juridique, de principes essentiels qui touchent aux libertés fondamentales." Mais quant à savoir si les affaires sont dues à l’intervention de François Hollande, le sénateur-maire de Troyes se montre plus mesuré : "Je n’irai pas jusque-là".

"La justice doit avoir à connaître de ce qu’il y a dans ce livre. Et je pense même que sur certains sujets, il serait fondé à imaginer que la représentation nationale se pose la question à travers une commission d’enquête parlementaire. Nous sommes dans un Etat de droit", a-t-il poursuivi.

Peu convaincu par le démenti du chef de l’Etat sur le cabinet noir, il lâche :

"Les leçons de dignité de la fonction présidentielle prodiguées par François Hollande m’atteignent assez peu."

La contre-offensive des Républicains a continué dimanche, relayée par le sarkozyste Luc Chatel sur Franceinfo: "L'addition d'indices troublants et de témoignages concordants interroge. Plusieurs observateurs bien placés dans l'appareil policier nous ont décrit l'existence d'une structure clandestine aux ramifications complexes." 

C.C. avec AFP