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"Aujourd'hui, je suis prête": à Rouen, Anne Hidalgo officialise sa candidature à la présidentielle

La maire de Paris, dont la candidature était pressentie depuis de longs mois, se lance à visage découvert dans la course à la magistrature suprême.

Le secret était éventé mais l'annonce pas encore officialisée. C'est désormais chose faite ce dimanche matin, depuis Rouen (Seine-Maritime). "Je viens vous parler de la France", a entamé la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, loin de la capitale mais toujours sur les berges de Seine. "Je viens ici vous parler de la France, moi une femme française née en Espagne", a-t-elle répété, avant de rompre le (relatif) suspense:

"Aujourd'hui, je suis prête. (...) J'ai décidé d'être candidate à la présidence de la République française", a-t-elle annoncé, pour offrir "un avenir à nos enfants" ainsi que pour "bâtir une France plus juste, plus forte, dont la voix singulière doit à nouveau porter en Europe et dans le monde".

Une déclaration depuis les docks de la cité normande, dirigée par le socialiste Nicolas Mayer-Rossignol, dont le choix suggère plusieurs niveaux de lecture: un lieu qui d'abord vise à défaire l'édile de son image parisienne, que ses détracteurs écornent régulièrement, et à asseoir son envergure nationale.

Le point d'orgue d'une tournée politique hexagonale entamée il y a plusieurs mois pour s'ancrer dans le paysage au-delà des affaires de la capitale. "J'ai écouté les Françaises et les Français", a fait valoir la maire au cours de son discours.

Héritage familial

Un endroit qui constitue aussi un clin d'oeil à son héritage familial et à son père, qui fut ouvrier sur les chantiers navals de Cadix, en Espagne, son pays natal où elle a brièvement grandi jusqu'à son arrivée à Lyon, à l'âge de 2 ans.

"Aujourd'hui, sur ce port de Rouen, je pense à mon père qui fut ouvrier sur le chantier naval de Cadix. Je pense aussi à ma mère, couturière", a-t-elle d'ailleurs appuyé, esquissant son parcours politique et personnel de "femme française, née en Espagne" avant son arrivée dans "cette France qui (lui) a donné (sa) chance".

Pour son annonce, Anne Hidalgo s'est entourée d'une partie de son équipe de campagne ainsi que de maires et parlementaires venus de la France entière. Parmi eux, le premier magistrat de Nancy Mathieu Klein, le président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel, la maire de Nantes Johanna Rolland, la présidente de la région Occitanie Carole Delga ou encore le maire de Clermont-Ferrand Olivier Bianchi.

Le choix des docks vise aussi à tendre la main à l'électorat populaire, historiquement acquis à la gauche mais dragué depuis plusieurs années par le Rassemblement national de Marine Le Pen, qui fait sa rentrée politique ce dimanche à Fréjus (Var).

Anne Hidalgo a une "volonté très claire de s'adresser aux classes moyennes et aux classes populaires et donc de parler où il y a des travailleurs, des salariés", avait souligné auprès de l'AFP Johanna Rolland, qui sera sa directrice de campagne, en amont de l'annonce.

Parution d'un livre mercredi

Une candidature qui se veut aussi fer de lance de "la transition écologique", axe majeur de la campagne à venir. "Notre leitmotiv, ça sera d'amener cette transition écologique sans laisser personne au bord du chemin", a déclaré Johanna Rolland sur BFMTV ce dimanche matin.

Une nouvelle pierre posée, et pas des moindres, avant un nouveau jalon mercredi; jour de parution de son livre Une femme française (éditions de l'Observatoire), dans lequel elle retrace son parcours et développe quelques lignes de force de son programme.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV