BFMTV

Nouvelle-Calédonie: un deuxième référendum sur l'indépendance aura lieu fin août ou début septembre

Un bureau de vote à Nouméa (Nouvelle-Calédonie), le 4 novembre 2018.

Un bureau de vote à Nouméa (Nouvelle-Calédonie), le 4 novembre 2018. - Théo Rouby - AFP

Le premier référendum d'autodétermination s'est tenu le 4 novembre 2018 et a vu la victoire du "non" à l'indépendance (56,7%).

La date exacte sera fixée dans les prochains jours. A l'issue de 15 heures de discussion, les leaders loyalistes et indépendantistes calédoniens, réunis ce jeudi à Matignon autour d'Edouard Philippe, ont finalement réussi dans la nuit de jeudi à vendredi à trouver un compromis sur l'organisation du prochain référendum sur l'indépendance de l'archipel. Il aura lieu le 30 août ou le 6 septembre.

Convaincus que le temps leur permettra de gagner des voix, les indépendantistes défendaient un référendum "le plus tard possible", en novembre. A l'inverse dans le camp non indépendantiste, l'Avenir en confiance réclamait un 2e référendum dès juillet, arguant d'une économie locale "dans l'incertitude" en raison de ces échéances électorales.

"Le Premier ministre a coupé la poire en deux", a reconnu, pour le camp indépendantiste, Roch Wamytan, président du Congrès (Union calédonienne-FLNKS). 

La recherche d'un "consensus"

Après le premier référendum d'autodétermination, qui s'est tenu le 4 novembre 2018 et a vu la victoire du "non" à l'indépendance (56,7%), le Premier ministre voulait absolument "trouver un consensus" au sein du Comité des signataires de l'accord de Nouméa.

Signé en 1998, il a mis en place un processus de décolonisation par étapes, aboutissement du travail de réconciliation entre les Kanak et les Caldoches, entamé en 1988 avec les accords de Matignon, à la suite des violences des années 1980, qui avaient culminé avec la prise d'otages et l'assaut de la grotte d'Ouvéa en mai 1988 (25 morts).

Un possible 3e réferendum, mais pas tout de suite

L'accord de Nouméa prévoit un possible 3e référendum, dans les deux ans qui suivraient une éventuelle nouvelle victoire. "Nous avons exclu que cette troisième consultation puisse être organisée entre le milieu du mois de septembre 2021 et la fin du mois d'août 2022", afin de "bien distinguer les échéances électorales nationales, et celles propres à l'avenir de la Nouvelle-Calédonie", a indiqué Edouard Philippe.

Une satisfaction pour le député non-indépendantiste Philippe Gomès (Calédonie Ensemble, centre-droit), qui craignait de voir se tenir ce dernier référendum "en plein cœur de l'élection présidentielle avec des risques majeurs d'instrumentalisation politique nationale".

La question épineuse du corps électoral

Restait la question du corps électoral - plus restreint que pour les autres élections -, un sujet sensible qui crispait les deux parties. Il a été acté que les électeurs de statut de droit commun (non kanak, ndlr) nés en Nouvelle-Calédonie et qui y résident depuis plus de trois ans, ne seront pas, comme lors du précédent scrutin, inscrits automatiquement sur la liste électorale spéciale pour le référendum.

En effet, il aurait alors fallu une révision de la liste électorale par loi organique, ce que refusaient les indépendantistes. Mais ils "seront identifiés et contactés personnellement" afin qu'ils fassent la démarche de s'inscrire sur cette liste.

"Le processus proposé permet que toute les personnes natives de Nouvelle-Calédonie ayant trois ans de résidence soient accompagnées pour être sur la liste électorale spéciale", s'est félicité Sonia Backès, présidente non-indépendantiste de la province Sud (Avenir en confiance, proche des Républicains).

A l'inverse, c'est pour Philippe Gomès, "un motif de grande insatisfaction", car "même si l'Etat s'est engagé à les démarcher individuellement, il y aura une discrimination majeure entre Calédoniens, selon qu'ils sont de statut de droit commun ou de statut coutumier".

M.D. avec AFP