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Pourquoi ce maire PS renonce à sa Légion d'honneur

Jo Spiegel lors d’une conférence à Valence le 18 octobre.

Jo Spiegel lors d’une conférence à Valence le 18 octobre. - -

"C’est d’abord dans la critique d’un système à bout de souffle que je puise une part de ma décision", explique ce maire socialiste sur Facebook.

Il est membre du Parti socialiste depuis 1976. Il est maire de la commune de Kingersheim dans le Haut-Rhin, depuis 1989. Et son nom figure sur la liste des promus du Nouvel An pour la Légion d'honneur. Un cursus de maire méritant. Mais, samedi, sur sa page Facebook, Jo Spiegel s'est fendu d'un billet pour annoncer qu'il renonçait à sa Légion d'honneur.

"Ma nomination au grade de chevalier de la Légion d’honneur ne me laisse ni insensible ni indifférent(...). Mais après avoir pris le temps nécessaire de la réflexion, j’ai décidé d’y renoncer", écrit-il, avant d'asséner: "C’est d’abord dans la critique sans concession d’une démocratie en panne et d’un système à bout de souffle que je puise une part de ma décision".

Au nom de l'"égalité démocratique"

Et d'enfoncer le clou: "alors que le fossé ne cesse de se creuser entre les représentants et les représentés, entre le haut et le bas, entre ceux qui sont promus et ceux qui ne le sont pas, tout ce qui 'fait distinction' alimente le discrédit et renforce la crise de la démocratie-régime".

Jo Spiegel avait été fait chevalier de la Légion d'honneur dans le domaine de la décentralisation lors de la promotion du 1er janvier de l'Ordre national de la Légion d'honneur, laquelle a récompensé au total 657 personnes.

La promotion du Nouvel An est une des trois promotions annuelles à titre civil avec celles de Pâques et du 14 juillet.

Pour obtenir cette haute distinction française, fondée par Napoléon Bonaparte en 1802, il faut être proposé par un ministre qui fait son choix parmi les dossiers présentés par des préfets, des associations, etc.

La Légion d'honneur compte 93.000 membres, un chiffre stable depuis une dizaine d'années.

Hélène Favier