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Municipales: quelle est l'influence des consignes de vote?

Les partis politiques peuvent-ils influencer le vote de leurs sympathisants? Pas certain.

Les partis politiques peuvent-ils influencer le vote de leurs sympathisants? Pas certain. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

En coulisses, tractations et grandes manoeuvres se poursuivent pour arracher des consignes de vote pour le second tour des municipales. Mais sont-elles encore efficaces?

Les temps sont à la défiance du politique. "L’influence des positions prises par les partis est minime sur les votes finaux", assure Jean-Daniel Lévy de l’institut Harris Interactive à moins d'une semaine du second tour des élections municipales alors que se joue en coulisses alliances, négociations et trahisons.

Sur le terrain, les candidats locaux respectent de moins en moins les consignes données par leur état-major national, le "ni-FN, ni-PS", de l'UMP, "le front républicain" du PS. En témoigne les décisions prises à Grenoble, où, à l'instar de Paris, PS et ELLV auraient dû s'associer, et à Béziers où Solférino s'est vu opposer une fin de non-recevoir après avoir demandé le retrait d'un dissident. Dans les deux cas, l'investiture du parti a été retirée sans aucune consigne à suivre pour le vote de dimanche prochain.

Idem à Villeneuve Saint-Georges ou L'Hopital, où le Divers droite, soutenu par l’UMP, s’est associé au FN. La direction u parti a fait savoir qu'elle excluerait tout ses membres colistiers FN. Que dire alors des consignes de vote données aux électeurs?

"Au fil des années, les politiques ont eu une prise de conscience, pose le politologue Gérard Grunberg. Les électeurs sont libres et propriétaires de leur vote". "Ne pas prendre position publiquement, c’est aussi admettre sa baisse d’influence manifeste sur l’électeur", précise Jean-Daniel Lévy, politologue à l'institut Harris Interactive.

"Paris" a moins de pouvoir sur le local

Alors quelle attitude peuvent adopter les directions parisiennes vis à vis des bastions locaux? "C’est une évolution que l’on observe, explique Gérard Grunberg. Les partis et leur direction ont de moins en moins de pouvoir pour imposer leur stratégie localement". Même les appels "au peuple de gauche" du Premier ministre Jean-Marc Ayrault pour faire barrage au FN sont restés sans succès.

Pour Jean-Daniel Lévy, "les électeurs doutent de la sincérité des prises de position des politiques. Ils imaginent facilement des accords secrets et soupèsent l’intérêt général et l’intérêt particulier de celui qui prend position. A ce titre, les alliances peuvent avoir une influence – positive comme négative - bien plus grande que les appels".

En 2012, assurant son soutien personnel au candidat Hollande, François Bayrou avait connu une opposition politique farouche au sein de l’UMP. "Et au final, son électorat a voté Sarkozy", commente Jean-Daniel Lévy.

Une porosité de l'électorat qui le rend moins sensible aux consignes

Alors faut-il continuer à donner des consignes de vote? Dans les faits, les partis en donnent de moins en moins. Et ce depuis la fin des années 90. Un constat étayé par le fait qu'à ce moment "les relations entre les partis alliés, ou jadis alliés, à droite comme à gauche, se sont distendues", expose Gérard Grunberg. D’autant plus au niveau d’un scrutin local où la présence et le soutien d’une écurie identifiée est moins importante que pour un scrutin national.

"Se retirer de l‘élection et donc du conseil municipal" face au FN, comme le préconise le premier secrétaire du PS Harlem Désir, est "une mauvaise stratégie locale car on ne peut prévoir ce que fera l’électeur, estime Gérard Grunberg. Et pour l'élu cela équivaut à disparaître. Et six ans, c’est long".


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Samuel Auffray