BFMTV

Maire, une vocation en péril?

La fonction de maire devient de plus en plus difficile à assumer.

La fonction de maire devient de plus en plus difficile à assumer. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Alors que les municipales approchent à grand pas, les représentants des communes françaises témoignent de leur expérience. Et évoquent un avenir qui s'annonce relativement sombre.

Dimanche 30 mars, quelque 36.000 communes françaises connaîtront le nom de celui ou celle qui, pour les six ans à venir, défendra leurs intérêts. Mais la fonction de maire peut parfois se révéler être un sacerdoce, tant les marges de manœuvre -notamment financières- se réduisent d’années en années. Et si les problématiques ne sont pas les mêmes pour les élus de petites, moyennes ou grandes villes, le principe reste le même: être maire est une vocation.

"La gestion de la cité et des affaires publiques m’a toujours intéressé. Au collège, par exemple, j’étais toujours délégué de classe", plaisante Jacques Pelissard, le président (UMP) de l’Association des maires de France (AMF). L'élu dit s’être lancé "pour ne pas subir l’immuable ordre des choses".

"Pas un hasard" d'être maire

"Quand on aime les gens de sa ville, on a forcément envie de changer les choses", confirme Caroline Cayeux, la présidente déléguée de la Fédération des villes moyennes et maire (UMP) de Beauvais, dans l’Oise. L’envie, aussi, de lancer de nouveaux projets, de faire des investissements", poursuit-elle.

Quant à Michel Destot, le président (PS) de l’association des grandes villes de France et maire de Grenoble, il estime que ce n’est "pas par hasard" que l’on est élu à la tête d’une grande agglomération. Même si parfois, "c’est plus le fruit d’un parcours qu’une vocation". Quoiqu’il en soit, ces trois représentants des communes françaises sont d’accord sur un point: à quelques exceptions près, les maires sont des personnages ayant "marqué leur commune", qui "se sont imposés dans la cité".

Les maires sortants démobilisés?

Malgré tout, les nombreuses contraintes s’abattant sur les collectivités -et donc sur les communes- font planer la menace d’une démobilisation des sortants, voire des aspirants. "Il peut y avoir une certaine démobilisation des maires", confirme Jacques Pelissard, lui-même candidat à sa réélection à Lons-le-Saunier, dans le Jura. "Et beaucoup de nouveaux candidats ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangés lorsqu’ils seront élus".

En cause, la baisse drastique des dotations de l’Etat aux collectivités, qui pourrait atteindre 10 milliards d’euros à la fin du quinquennat. Le tout ajouté à "une législation qui change souvent", selon Caroline Cayeux, qui parle d’une "équation insoluble. Comment faire pour tenir la promesse de ne pas augmenter les impôts tout en maintenant des services de qualité?"

"On risque d'entrer dans une nouvelle ère"

Du côté des grandes villes, l’inquiétude est également palpable: "il y a effectivement des interrogations, car les contraintes sociales et budgétaires de l’Etat se répercutent en cascade sur les collectivités. Du coup, certains hésitent à prendre des responsabilités", confie Michel Destot.

Surtout dans une grande ville: "on a beaucoup de responsabilités. A Grenoble, nous employons 5.000 personnes, à l’instar d’une grande entreprise. Les budgets se chiffrent en centaines de millions d’euros", poursuit-il. En conséquence, "on risque d’entrer dans une nouvelle ère, dans laquelle les maires seront plus politiques. Car certaines personnes extérieures redoutent de perdre les avantages de leur métier d’origine pour se retrouver aux responsabilités, avec tous les inconvénients qui en découlent".

Élections

Les résultats dans votre ville

Ex : Lyon, 69 ou Lyon, 69002

Sélectionnez votre électionPrésidentielle 2002Présidentielle 2007Législatives 2007Présidentielle 2012Législatives 2012Municipales

De vendredi à minuit, jusqu'à dimanche 20 heures, des règles très strictes s'imposent aux candidats, mais aussi aux internautes. Conformément à l'article L. 52-2 du code électoral, il est interdit de poster un commentaire pouvant influencer le vote, ou un résultat. L'amende prévue en cas de sanction est de 3.750 euros. C’est pourquoi par mesure de prévention nous fermons aux commentaires ce week-end les articles évoquant les municipales. Merci de votre compréhension.

Yann Duvert