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Européennes: l’UMP se lance dans un scrutin à haut risque

L'UMP, dont on voit ici le siège dans le XVe arrondissement de Paris, est prêt à se lancer dans un combat délicat à l'occasion des élections européennes.

L'UMP, dont on voit ici le siège dans le XVe arrondissement de Paris, est prêt à se lancer dans un combat délicat à l'occasion des élections européennes. - -

Les têtes de listes désignées, le principal parti d’opposition peut se lancer dans la bataille des élections européennes. Un scrutin qui promet d’être délicat.

L'UMP a désigné officiellement mardi ses têtes de listes pour les européennes: un scrutin à haut risque pour le principal parti d'opposition, coincé entre un FN promis à de beaux résultats et un centre réunifié.

Contrairement à 2009, où l'UMP, alliée avec les centristes, avait décroché 24 sièges au Parlement européen, le parti de la droite républicaine part seul au combat cette année. L'UDI et le MoDem (onze eurodéputés en tout) ayant joint leurs forces dans une Alternative, bien décidés à améliorer leur position à Strasbourg.

Quant au Front national, un sondage Ifop pour Le Nouvel Observateur le plaçait en octobre dernier en tête des intentions de vote pour le scrutin de fin mai, à 24%, devant l'UMP (22%), le PS (19%) et l'UDI-MoDem à 11%.

La candidature de Morano finalement retenue

Dans ces conditions, la bataille des européennes s'annonce délicate pour le parti de Jean-François Copé, qui a finalisé, mardi, en fin de journée ses têtes de listes pour les huit circonscriptions françaises.

Après quelques remous de ceux qui dénonçaient un "mercato de recyclage" pour anciens ministres sans mandat ou battus des dernières législatives, la candidature de Nadine Morano, soutenue par Nicolas Sarkozy, a finalement été retenue dans l'Est.

Même chose pour Michèle Alliot-Marie, investie dans le Sud-Ouest. Renaud Muselier, qui signe son retour en politique, a pour sa part été investi dans le Sud-Est. Jérôme Lavrilleux, directeur de cabinet de Jean-François Copé, conduira la liste dans le Nord-Ouest.

Les autres têtes de listes sont des sortants de leurs circonscriptions respectives sauf Alain Lamassoure, investi en Ile-de-France, secondé par Rachida Dati. Eurodéputé sortant du Sud-Ouest, président de la Commission des Budgets du Parlement européen, il a dû céder, non sans amertume, sa place à Michèle Alliot-Marie..

L'accord ne convient pas non plus à Christian Estrosi, qui estime que le parti "n'est pas arrivé aux bons équilibres", et appelle à de "nouveaux ajustements" après les municipales.

Une ligne politique à définir

Une fois réglée la question des têtes de listes, reste pour l'UMP à définir sa ligne politique pour les européennes, le parti étant actuellement occupé avec les municipales de mars.

Cette partie-là risque d'être encore bien plus délicate à jouer, car le parti est divisé entre les fédéralistes, comme Jean-Pierre Raffarin et Luc Chatel, favorables à un "fédéralisme budgétaire" autour d'un noyau dur franco-allemand, et les eurosceptiques qui préfèrent, à l'instar de Jacques Myard, être qualifiés d'"euroréalistes".

A. K.