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Européennes: l'écologie au cœur de la fin de campagne

Des milliers de jeunes doivent manifester vendredi pour réclamer des actions contre le changement climatique (illustration).

Des milliers de jeunes doivent manifester vendredi pour réclamer des actions contre le changement climatique (illustration). - MEHDI FEDOUACH / AFP

Manifestation mondiale pour le climat, Conseil de défense écologique, large place dans les programmes... A quelques heures de la fin de la campagne officielle, l'écologie pourrait être le juge de paix du scrutin.

A deux jours du scrutin, cette mobilisation achève de repeindre en vert la fin de campagne des élections européennes. Des milliers de jeunes s'apprêtent à descendre dans la rue ce vendredi pour une nouvelle "grève mondiale pour le climat". Des appels ont été lancés dans près de 2260 villes de 90 pays, selon le site youthforclimate.

Une des principales préoccupations des électeurs

Depuis plusieurs semaines, le sujet s'est invité dans les débats autour du scrutin, sous l'impulsion des manifestations étudiantes et lycéennes, de "l'affaire du siècle", ce recours en justice contre l'Etat pour inaction climatique, ou encore des rapports alarmants sur la biodiversité et les conséquences du changement climatique. 

"Tous les partis parlent désormais de changement climatique et d’écologie, avec plus ou moins de sincérité. Il y a clairement une volonté de se saisir de cet électorat qui monte", note Neil Makaroff, responsable des politiques européennes du Réseau action climat, dans le journal Le Monde.

Selon le dernier Eurobaromètre, la lutte contre le changement climatique est la deuxième préoccupation des Français, derrière le chômage des jeunes, dans ces élections européennes. Chez les 15-24 ans et les 25-39 ans, cette préoccupation a gagné cinq points depuis septembre 2018.

Capter un électorat flottant

Dans les programmes des candidats, cela se traduit par une large place accordée à l'écologie. "Seules moins de dix listes ne font quasiment aucune référence à ces thématiques", indique Le Monde.

Dans de nombreux programmes sont ainsi apparues des propositions comme une banque pour le climat, une taxe carbone aux frontières ou encore un tribunal de justice climatique. Une forme de surenchère dans les investissements promis s'est également mise en place: 500 milliards pour EELV, le double pour la liste LaREM et 2500 milliards pour la liste Générération-s conduite par Benoît Hamon. 

Au-delà de répondre à ces préoccupations - la lutte contre le chômage des jeunes, première des préoccupations exprimées selon l'Eurobaromètre, n'a pas eu les mêmes honneurs - il s'agit pour tous les candidats d'attirer un électorat flottant, qui n'a pas été capté jusque-là par la liste EELV. La liste menée par Yannick Jadot ne recueillerait que 8% des intentions de vote, selon notre dernier sondage L'Opinion en direct, réalisé par Elabe et publié mardi. 

"Il faut multiplier les signes"

Cette étude révèle notamment la forte volatilité de l'électorat de la liste écologiste. A moins d'une semaine du scrutin, seulement 54% des personnes qui ont déclaré leur intention de voter pour la liste EELV étaient certaines de ne pas changer d'avis d'ici dimanche. A titre de comparaison, ce taux atteint 86% chez les électeurs qui déclarent vouloir voter RN, et 77% pour LaREM.

Il n'est d'ailleurs pas anodin que le premier Conseil de défense écologique, créé à l'issue du grand débat national, se soit tenu jeudi à l'Elysée, en présence du Premier ministre et douze ministres. "Les voix vont compter double dans cette dernière ligne droite et il faut multiplier les signes", a expliqué un proche du gouvernement au Parisien.

Convaincre les jeunes

En remettant l'écologie au cœur de la campagne à quelques jours de l'élection, les candidats veulent également séduire l'électorat plus jeune. Ce sont eux qui ont porté les mobilisations pour réclamer aux dirigeants d'agir contre le dérèglement climatique.

"Il sera désormais impossible d’obtenir le vote des moins de 25 ans sans parler des questions d’environnement. L’écologie est la nouvelle religion. Ce sera très compliqué à l’avenir de remettre du rationnel dans ces préoccupations", confie un poids lourd du gouvernement au Figaro.

Malgré l'importante réserve de voix qu'ils peuvent représenter, les jeunes sont pourtant les moins sûrs d'aller voter dimanche. Selon notre dernier sondage L'Opinion en direct, ils sont moins de 40% des 18-34 ans à avoir déclaré être tout à fait certain d'aller voter dimanche.

Benjamin Rieth