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Droit de vote des étrangers : un piège pour Hollande ?

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Lundi, 77 parlementaires socialistes ont appelé François Hollande à respecter sa promesse de campagne. Mais dans les rangs du parti, le sujet divise. Un piège pour le chef de l'Etat ?

Le droit de vote des étrangers divise jusque la gauche. Pour certains députés PS, cette promesse de campagne de François Hollande doit être "rapidement" concrétisée, comme l'on réclamé lundi 77 députés dans les colonnes du quotidien Le Monde.

Pour le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, en revanche, cette mesure ne représente pas "une revendication forte".

Dissension au Parti socialiste

Alain Vidalies, ministre des Relations avec le Parlement, a assuré lundi soir que l'engagement présidentiel serait "tenu", sans toutefois préciser de calendrier. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, avait auparavant tempéré les ardeurs de son camp, faisant valoir dans Le Monde daté de mardi que ce n'était ni une "revendication forte dans la société française", ni un "élément puissant d'intégration".

Pour le ministre de l'Intérieur, ce projet n'a plus "la même portée" qu'en 1981. Il met aussi en garde contre les conséquences d'un éventuel référendum, "pas seulement en termes de résultats mais aussi de déchirure dans la société française". "Attention à la jonction droite-extrême droite sur ce sujet", ajoute le ministre.

L'UMP s'engouffre dans la brèche

À l'UMP, Jean-François Copé a exhorté François Hollande à "clarifier ses intentions", quand se "multiplient les pratiques communautaristes". François Fillon a quant à lui demandé "solennellement au président de la République de renoncer à ce projet".

Cette réforme nécessite de changer l'article 3 de la Constitution, qui explique les électeurs sont les nationaux français majeurs. Or le sujet n’est pas à l’ordre du jour au Parlement et cette modification exigerait l’abstention de la droite – peu probable - car en effet le PS et ses alliés ne disposent pas de la majorité des 3/5 au Congrès.

Vidéo : Mélanie Vecchio et Caroline Boisson

MB et AFP