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Doubs: la moitié des électeurs UMP aurait ensuite opté pour le FN

Le candidat UMP à la l'élection législative partielle dans le Doubs, Charles Demouge, a été éliminé dès le premier tour. La moitié de ses électeurs au premier tour s'est ensuite reportée sur la candidate du Front national, affirme un chercheur.

Le candidat UMP à la l'élection législative partielle dans le Doubs, Charles Demouge, a été éliminé dès le premier tour. La moitié de ses électeurs au premier tour s'est ensuite reportée sur la candidate du Front national, affirme un chercheur. - Sébastien Bozon - AFP

Le candidat UMP à l'élection législative partielle dans le Doubs, Charles Demouge, a été éliminé dès le premier tour. Selon une étude publiée ce vendredi, la moitié de ses électeurs au premier tour s'est ensuite reportée sur la candidate du Front national. Un désaveu pour le Front républicain.

Du Front national à l'UMP, il n'y a désormais plus qu'un pas. C'est en tout cas ce qu'affirme ce vendredi le chercheur Joël Combin, qui a analysé le vote des électeurs du principal parti d'opposition à l'occasion de l'élection législative partielle dans le Doubs, à laquelle la formation de Nicolas Sarkozy a été éliminée prématurément, au soir du premier tour.

Et selon l'analyse dévoilée en cette fin de semaine, la moitié des électeurs UMP de la première semaine a ensuite voté pour le FN lors du second tour. A contrario, un quart de ceux-ci ont voté pour le candidat du Parti socialiste, Frédéric Barbier, finalement élu grâce à une courte avance face à la frontiste Sophie Montel.

Selon le modèle qu'il a pu établir, publié et expliqué sur le site slate.fr, Joël Gombin, chercheur au CURAPP-université de Picardie-Jules-Verne, affirme également que le dernier quart s'est quant à lui, logiquement, "abstenu ou a voté blanc ou nul", écrit-il.

Un désaveu du "rassemblement républicain"? 

Dès lors, on ne peut "guère parler de succès du rassemblement républicain", souligne-t-il, mais plutôt constater "la fusion, relative certes mais néanmoins bien avancée, des électorats de l'UMP et du FN". 

Autre enseignement: "Le FN n'aurait guère mobilisé de nouveaux électeurs entre les deux tours: à peine plus de 4% des abstentionnistes du premier tour", selon son modèle. Le chercheur souligne au passage que "la progression de 16 points enregistrée entre les deux tours par la candidate frontiste n'a rien d'exceptionnel", ayant "observé des progressions du même ordre, souvent même supérieures, à peu près chaque fois que le FN s'est retrouvé en duel au second tour d'une élection législative en 2012 et depuis, et ce quel que soit son adversaire".

Des nouveaux électeurs cruciaux pour le PS

Toujours d'après le modèle qu'il a établi, Joël Gombin affirme que "la victoire du candidat socialiste" Frédéric Barbier "devrait beaucoup à sa capacité à mobiliser de nouveaux électeurs: pas moins de 17% des abstentionnistes du premier tour auraient voté en sa faveur au second tour. Si ce modèle est exact, ces nouveaux électeurs (environ 6.800) auraient même été plus nombreux que ceux qui ont voté pour le candidat socialiste aux deux tours (5.200)! Les électeurs de Charles Demouge (UMP) ayant choisi Barbier au second tour ne seraient eux que quelques 1.750" (26%), ajoute-t-il.

Plus surprenant, toujours selon le modèle usité, 17% des électeurs au premier tour de Frédéric Barbier ont voté pour le FN au second tour. "Le Front républicain, entendu comme coalition des partis 'républicains' contre le Front national, n'existe pas (parce que l'UMP refuse d'appeler à voter en faveur du PS, et parce que les électeurs de l'UMP se portent majoritairement sur le FN", affirme-t-il dans ses conclusions.

Le réservoir du FN largement mobilisé dès le premier tour

"En revanche, la perspective de voir un candidat frontiste élu député permet une mobilisation réelle d'électeurs par ailleurs peu politisés et mobilisés, ou en tout cas abstentionnistes au premier tour", poursuit-il.

Enfin, "pour passer d'un niveau de premier tour à un score s'approchant des 50% face au PS, le FN doit plutôt compter sur sa force d'attraction envers des électeurs de droite que sur un réservoir d'électeurs FN déjà largement mobilisé au premier tour", souligne encore Joël Gombin.
C. P. & Jé. M avec AFP