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Départementales: comment Hollande prépare l'après-élection

François Hollande n'envisage pas de se séparer de Manuel Valls mais pourrait faire entrer de nouveaux ministres au gouvernement.

François Hollande n'envisage pas de se séparer de Manuel Valls mais pourrait faire entrer de nouveaux ministres au gouvernement. - Alain Jocard - AFP

Une semaine avant le scrutin, François Hollande anticipe la défaite de la gauche aux départementales. Le Président souhaite rassembler, y compris à gauche de la gauche, pour retrouver une majorité avant l'échéance de 2017.

Un an après l'échec des municipales et des européennes, le chef de l'Etat ne se fait pas d'illusions sur le scrutin de dimanche. Les derniers sondages donnent la droite et le FN au coude à coude (32% des intentions de vote pour l'UMP-UDI, 29% pour le FN), et un Parti socialiste à la traîne avec 26 %, au premier tour des départementales.

François Hollande se prépare donc à subir ces mauvais scores.

"Il s'est mis en mode "perte" et il organise les chose, confie un proche au Figaro. Il ne se crispe pas sur l'échec annoncé. C'est comme s'il avait déjà sauté la haie".

Manuel Valls restera Premier ministre

Pour autant, "il n’y aura pas de changement, ni de ligne ni de Premier ministre", indiquait François Hollande à Challenge la semaine dernière. Après l'échec des élections municipales, François Hollande avait déjà utilisé Jean-Marc Ayrault comme fusible, pas question de faire la même chose avec Manuel Valls.

"On travaille en confiance avec Valls. On se voit souvent. Je ne doute pas de sa loyauté", confiait le chef de l'Etat à Challenge la semaine dernière. François Hollande ne cache pas utiliser la popularité de son Premier ministre qui le "protège" et le "protègera". 

Remaniement et frondeurs au gouvernement?

Le mot d'ordre qu'il souhaite est désormais le rassemblement de la gauche. En recevant les frondeurs à l'Elysée la semaine dernière, le président a déjà posé les balises de l'après départementales. Le contexte de la montée du FN pourrait recentrer les priorités de la gauche et des frondeurs en particulier. "Les débats à gauche sur: "Est-on trop libéraux ou pas assez" seront dépassés par: "Il faut faire barrage au FN!", estime un responsable socialiste.

Après l'épisode du 49-3, François Hollande cherche à retrouver sa majorité pour une fin de mandat plus sereine. Derrière, c'est évidemment l'enjeu de l'élection présidentielle de 2017 qui se dessine. "Comment faire pour être au 2e tour de la présidentielle? C'est la seule question qui compte aux yeux du président, rapporte Le Figaro citant un dirigeant PS. Quand on veut rassembler les Français, on commence par son propre camp". François Hollande pourrait décider d'utiliser le remaniement pour faire entrer des proches de Martine Aubry et des députés frondeurs comme Jean-Marc Germain et Christian Paul.

Pas de retour des Verts sans accord politique

Les Verts, absents du gouvernement depuis avril 2014 pourraient faire leur retour. Jean-Vincent Placé a de nombreuses fois fait savoir qu'il était prêt à devenir ministre. La situation paraît plus délicate pour les députés Barbara Pompili et François de Rugy, après leur intention affichée de voter contre la loi Macron.

Le nom de Nicolas Hulot, déjà envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète, circule également alors que François Hollande a fait de la conférence sur le climat de décembre une priorité. Mais concernant les Verts comme les frondeurs, un ministre proche de François Hollande tempère ces hypothèses notamment pour les Verts. Pour lui, l'entrée de Jean-Vincent Placé au gouvernement n'aurait pas de sens sans un accord politique "global" avec EELV, alors que le parti vert a conclu près de trois fois plus d'accords avec le Front de gauche qu'avec le PS pour les départementales.

Carole Blanchard avec agences