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Edouard Philippe juge le mouvement de grève "pénible", mais ne veut pas d'un référendum

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Edouard Philippe a répondu aux questions du Parisien à l'occasion d'un entretien qui paraîtra dans le journal dimanche. Il y évoque ses réponses au mouvement de grève face à son projet de réforme des retraites, et durcit le ton.

"Je ne dirais pas que tout le pays est en grève. Ce n'est pas un blocage total, mais c'est pénible. Le droit de grève existe, mais cet impact sur des millions de Franciliens, notamment, c'est aussi ce qui est recherché par certaines organisations syndicales". C'est là l'une des déclarations d'Edouard Philippe au Parisien dans un entretien à paraître en kiosques dimanche.

"Il faudra que chacun prenne ses responsabilités" 

Alors que Noël et le Nouvel An approchent sans que les perturbations ferroviaires reculent, Edouard Philippe a aussi évoqué la grève dans les transports: "Je vois bien que tout le monde voit arriver Noël avec inquiétudes. Noël, c'est un moment important. Mais il faudra que chacun prenne ses responsabilités. Je ne crois pas que les Français accepteraient que certains puissent les priver de ce moment".

Le chef du gouvernement a aussi voulu répondre à l'inquiétude de certains commerçants qui craignent que leur chiffre d'affaire soit altéré par la contestation sociale et la plus grande difficulté des déplacements: "Nous réfléchissons à (...) des mesures de lissages pour le paiement de leurs cotisations sociales, afin qu'(elles) arrivent à passer le cap", comme au moment de la crise des "gilets jaunes".

Pourquoi ne pas faire passer la réforme par points par référendum? "Juridiquement, ce n'est pas du tout impossible" mais "les députés ont été élus pour faire ce qui a été promis" et "je pense donc qu'un examen par le Parlement est indispensable", a répondu le Premier ministre.

Il ne se "pose pas" la question d'une éventuelle démission en cas d'échec de cette réforme: "Sinon, on ne fait plus rien. Cette réforme, j'y crois. Je suis déterminé. C'est pour cela que je suis calme".

Un simulateur en "cours de construction" 

Face au besoin d'un simulateur pour permettre à chacun de mesurer les effets de la réforme, le locataire de Matignon affirme qu'"on est en train de le construire, ce n'est pas facile", car "il faut que toutes les hypothèses, toutes les données soient stabilisées". Il a demandé avant mercredi aux équipes du haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye un "maximum de cas types", par exemple sur le cas d'un professeur de 50 ans avec 3 enfants. Et le simulateur "complet" devra être prêt "courant 2020, de préférence début 2020".

Par ailleurs, alors qu'on évoque parfois une possible inimitié entre lui et Jean-Paul Delevoye, Edouard Philippe s'est dit assuré de la "bonne foi totale" de son Haut-commissaire aux retraites, de plus en plus vivement contesté par l'opinion après qu'il est apparu qu'il n'a pas mentionné plusieurs de ses activités bénévoles dans sa déclaration d'intérêt à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. 

R.V. avec AFP