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Duflot accuse Valls de "faire du blairo-thatchérisme ringard"

Manuel Valls et Cécile Duflot

Manuel Valls et Cécile Duflot - François Guillot - AFP

Au lendemain du stand-up pour Manuel Valls à l'université d'été du Medef, Cécile Duflot reproche au Premier ministre d'"imiter Thatcher".

L'ex-ministre écologiste Cécile Duflot accuse Manuel Valls d'"imiter Thatcher", l'ancien Premier ministre britannique ultra-libéral, au lendemain du "stand-up libéral" du Premier ministre devant le Medef, dans un entretien aux Echos.

Manuel Valls ovationné à l'université d'été du Medef, la députée de Paris juge dans cet entretien à paraître vendredi que la déclaration d'amour du chef du gouvernement - "j'aime l'entreprise" - "n'est qu'une formule, pour se faire applaudir au Medef". Pour elle, l'attitude de Manuel Valls relève "de la posture, une stratégie de communication pour apparaître moderne".

"Imiter Thatcher en 2014, c'est vraiment triste"

"Être moderne, ce n'est pas faire du blairo-thatchérisme ringard", attaque l'ancienne collègue de Manuel Valls dans le gouvernement Ayrault. "Imiter Thatcher en 2014, c'est vraiment triste", juge-t-elle.

La dirigeante écologiste regrette aussi que le Premier ministre ait jugé, "comme (Pierre) Messmer en son temps", que le nucléaire est une "filière d'avenir". Elle va "attendre de voir" avant de prendre sa décision sur le vote du budget à venir au Parlement.

"Ma désillusion est au diapason de celle du pays"

Cécile Duflot affirme en outre ne pas voir "quel fruit nous avons récolté depuis deux ans: un désaxage du gouvernement par rapport à sa majorité, un pays fébrile et dépité et un retard sur les enjeux écologiques". Des propos déjà tenus lors de la nomination de Manuel Valls à la tête du gouvernement en remplacement de Jean-Marc Ayrault.

"Ma désillusion est au diapason de celle du pays. On ne peut pas simplement demander à ceux qui ont fait cette majorité - et j'en fais partie - de regarder son écroulement", fait valoir Cécile Duflot, reprochant à François Hollande de s'être "détaché du projet majoritaire, d'où l'état de trouble actuel".

S.A. avec AFP