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Tribune de militaires: les signataires vont être sanctionnés

Les 18 soldats d'active identifiés - dont quatre officiers - parmi les centaines de signataires recevront pour leur part "des sanctions disciplinaires militaires", a annoncé le chef d'état-major des armées.

Une semaine après la publication de la tribune controversée de militaires français dans Valeurs Actuelles, le chef d’état-major des armées François Lecointre a annoncé ce mercredi soir, dans les colonnes du journal Le Parisien, que les signataires encourent la radiation ou des sanctions disciplinaires.

La vingtaine de généraux en "deuxième section" signataires - proches de la retraite mais qui peuvent toujours être rappelés - risquent "la radiation, donc la mise à la retraite d'office".

"C’est une procédure exceptionnelle, que nous lançons immédiatement à la demande de la ministre des Armées", a fait savoir le général Lecointre. "Ces officiers généraux vont passer chacun devant un conseil supérieur militaire. Au terme de cette procédure, c’est le président de la République qui signe un décret de radiation".

Les 18 soldats d'active identifiés "recevront des sanctions disciplinaires militaires", a précisé le général François Lecointre au quotidien, en évoquant des sanctions "plus fortes pour les plus gradés". "Je considère que plus les responsabilités sont élevées, plus l'obligation de neutralité et d'exemplarité est forte", a-t-il martelé.

Le général "révulsé" par l'appel à l'armée d'active

Dans cette fameuse tribune, les généraux dénonçaient le "délitement de la France" et se disaient "prêts à soutenir les politiques" qui oeuvreront. Ils menaçaient aussi d'intervenir face au "chaos croissant" qui règne à leurs yeux dans le pays.

Au cours de cette interview publiée ce mercredi, le général François Lecointre se dit "absolument révulsé" par l'appel à l'armée d'active, et a jugé inacceptable que les auteurs de la tribune l'aient signé tout en sachant "très bien qu’ils prenaient un parti pris politique". "La neutralité des armées est essentielle", rappelle-t-il.

Selon lui, cette tribune "ne reflète en rien l’état d’esprit des armées aujourd’hui", qui est "républicaine", "pas politisée", qui "combat tous les jours pour son pays et "est à l’image de la société française".

Lundi, Florence Parly avait demandé des sanctions à l'encontre des signataires, jugeant leurs "actions inacceptables" et "irresponsables". Deux jours après cette tribune, la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen avait invité ces militaires à se "joindre à notre action pour prendre part à la bataille qui s'ouvre". Une initiative qualifiée de "récupération politique inacceptable" par Jean Castex ce mercredi.

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV