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Deux députées quittent La République en marche en moins de 24 heures

L'Assemblée nationale - Image d'illustration

L'Assemblée nationale - Image d'illustration - Lionel Bonaventure - AFP

Depuis le début du mandat d'Emmanuel Macron, ils sont plus d'une dizaine d'élus à avoir quitté le parti de la majorité.

Depuis maintenant plusieurs semaines, un certain mécontentement se fait entendre chez plusieurs députés, en poste depuis 2017. Si cette grogne est palpable chez des élus de l’opposition, elle semble se propager jusqu’aux rangs de LaREM, où deux députés ont, cette semaine, annoncé quitter le parti créé par Emmanuel Macron en 2016.

Ce jeudi, c’est la députée de Haute-Savoie Marion Lenne qui a indiqué à l’AFP quitter le "mouvement LaREM" en raison d'un "désaccord sur le fonctionnement" du parti. Cette dernière a également expliqué être "encore en réflexion" sur son avenir au sein du groupe parlementaire à l'Assemblée.

"Par conviction personnelle, j'ai quitté le mouvement. J'en ai fait le tour, me semble-t-il. (...) J'ai un désaccord sur le fonctionnement car je trouve qu'on n'écoute pas assez les territoires. Pour le groupe parlementaire, c'est encore en réflexion. Je verrai à mon retour" d'un voyage à Madagascar, a-t-elle encore expliqué.

Si elle quitte le groupe, elle rejoindra la dizaine de députés "marcheurs" qui ont fait défection ou se sont mis en retrait. La dernière en date, Jennifer de Temmerman, expliquait mi-novembre avoir perdu "espoir" après le vote de mesures sur l'immigration et l'instauration d'un délai de carence de trois mois pour l'accès des migrants à certains soins.

"Résurgence de la vieille politique opaque et calculatrice"

Quelques heures plus tard, Marion Lenne a été imitée par la députée de la Sarthe, Pascale Fontenel-Personne, qui, ce vendredi, a également expliqué pourquoi elle quittait le mouvement. Elle dénonce "une résurgence de la vieille politique opaque et calculatrice au niveau local", tout en précisant rester apparentée au groupe majoritaire.

Dans un communiqué publié sur Twitter, l’élue a également dénoncé la gestion départementale de LaREM, "calamiteuse et dénuée d'ambition, aussi bien pour les Sarthois que pour le mouvement, et le tout soutenu par le mouvement à l'échelle nationale", déplore-t-elle.

Autre point de rupture: les élections municipales au Mans, prévues pour mars 2020. Comme le précise France Bleu Sarthe, Pascal Fontenel-Personne avait mis en place une association baptisée "Ensemble Autr’Mans" et avait constitué une liste. Au final, LaREM lui a préféré une seconde liste, menée par le chef d’entreprise Gilles Guerchet. De fait, la députée se retrouve aujourd’hui sur une liste sans étiquette concurrente.

À mi-mandat, ils sont une dizaine d’élus de l’aile gauche de la majorité à avoir fait défection. Le groupe LaREM compte actuellement 303 membres et apparentés, contre 313 au début de la législature.

Hugo Septier avec AFP