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Démission du chef d'état-major des armées: une première sous la Ve République

Si la démission d'un chef d'état-major n'est pas inédite, elle reste toutefois très rare. Et le général Pierre de Villiers est le premier à quitter ses fonctions de "chef d'état-major des armées" depuis l'instauration de ce statut en 1962.

Une telle démission ne s'était jamais produite sous la cinquième République. En quittant son poste de chef d'état-major des armées ce mercredi, Pierre de Villiers est devenu le premier général à quitter ses fonctions depuis l'instauration du statut de "chef d'état-major des armées" en 1962.

Cette nouvelle dénomination permet depuis cette date au détenteur du titre d'être considéré comme le plus haut responsable militaire sous l'autorité du ministère de la Défense. 

Trois démissions de chefs d'état major d'armée

Avant lui, plusieurs hauts gradés de l'armée française ont démissionné depuis 1958. Parmi eux, trois chefs d'état-major d'armée, l'un de la Marine, les deux autres de l'armée de Terre.

Le premier à avoir mis un terme à ses fonctions sous la cinquième République est l’amiral André Patou en 1960, alors chef d'état-major de la Marine, note Le Monde. Il a pris cette décision après des différends avec le ministre de la Défense de l'époque, Michel Debré, sur le budget accordé à son armée.

La polémique de 2008

Vient ensuite le tour de Jean Delaunay en 1983. Le chef d'état-major de l'armée de Terre démissionne lui aussi pour des désaccords financiers avec le ministre de la Défense de l'époque, Charles Hernu.

La troisième démission d'un chef d'état-major de l'armée, bien plus récente, s'est produite sous fond de polémique. Le général Bruno Cuche, chef de l'état-major de l'armée de Terre, quitte ses fonctions en 2008 suite à une fusillade intervenue à Carcassonne deux jours plus tôt, lors de laquelle 17 personnes se retrouvent blessées après qu'un sergent a tiré à balles réelles. Bruno Cuche a été poussé vers la sortie par le président Nicolas Sarkozy, avant de prendre lui-même la décision de démissionner. 

Une démission à un poste similaire avant 1962

Avant l'instauration du statut de "chef d'état major des armées" en 1962, Jean Olié, alors "chef d’état-major général de la défense nationale", démissionne en 1961.

Son poste, ancêtre de celui occupé par le général Pierre de Villiers, lui conférait toutefois moins de pouvoirs, puisqu'il était placé sous la dépendance du Premier ministre. 

Céline Penicaud