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Démission de Jean-Paul Delevoye: quelles conséquences sur la réforme des retraites?

Jean-Paul Delevoye à Matignon en septembre 2019.

Jean-Paul Delevoye à Matignon en septembre 2019. - FRANCOIS GUILLOT / AFP

Quelques heures après la démission de l'homme chargé de porter la très contestée réforme des retraites, la gauche appelle au retrait du projet, désormais "discrédité". À la veille d'une nouvelle journée de mobilisation intersyndicale, la démission de Jean-Paul Delevoye est-elle de nature à retarder une sortie de crise pour l'exécutif?

À quelques jours de Noël, et à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation intersyndicale, le gouvernement doit désormais s'employer à "trouver une voie de sortie", selon les mots du ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, ce lundi matin sur notre antenne.

Une tâche qui n'est pas des plus aisées, alors que le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul-Delevoye a été contrait de démissionner ce lundi, après une semaine de révélations sur des activités et des mandats non-déclarés. 

"Il se retire pour ne pas gêner l'action de l'exécutif, avec beaucoup de dignité et de responsabilité à un moment clé de la réforme, ce qui l'honore", a déclaré la présidence de la République, ajoutant que l'homme fort de la réforme serait remplacé "dans les plus brefs délais", sans toutefois évoquer une date.

"Cette réforme, nous ne la retirerons pas"

Afin de faire avancer le dossier, Édouard Philippe prévoit de rencontrer syndicats et patronats ce mercredi pour essayer de trouver une issue à la crise. Mais la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, invitée sur notre antenne ce lundi soir, a d'ores et déjà prévenu que la démission de Jean-Paul Delevoye n'avait "rien à voir" avec la réforme en elle-même. 

"Cette réforme est là, elle demeure, nous ne la retirerons pas", a assuré la porte-parole du gouvernement face à Ruth Elkrief. "Cette réforme ne s'en va pas avec Jean-Paul Delevoye, elle sera toujours défendue par le gouvernement. L'objectif que nous avons, d'avoir un système plus juste et plus équitable entre nos concitoyens, demeure".

"Cette démission est catastrophique pour le gouvernement", analyse ce lundi Camille Langlade, cheffe du service politique de BFMTV. "Car elle intervient au début d'une semaine de tous les dangers, au moment où doivent se poursuivre les négociations avec les syndicats. Cet incident parasite un peu plus encore la communication gouvernementale", estime-t-elle encore.

Pour la gauche, la réforme désormais "discréditée"

Depuis lundi matin, la gauche le martèle: la démission de Jean-Paul Delevoye doit entraîner le retrait de la réforme des retraites, qu'elle estime désormais discréditée. "Plus que jamais, le retrait de cette reforme est inévitable", ont jugé les députés communistes dans un communiqué. "Ça disqualifie la réforme des retraites proposée par le gouvernement", a déclaré le secrétaire national du parti communiste, Fabien Roussel, sur notre antenne.

"C'est une réforme qui nous demande de faire des efforts. Des ministres coupés de la réalité nous demandent de travailler plus longtemps. Il faut qu'ils mettent leur réforme au placard!", a-t-il plaidé.

"Delevoye a démissionné. Son projet doit s'en aller aussi. On veut un joyeux noël", a également réagi le chef de file de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, sur Twitter à la mi-journée. 

Ce départ était aussi "inévitable" pour l''eurodéputée LFI Manon Aubry. "Le dernier oubli de M. Delevoye: mettre la réforme dans ses cartons en quittant son bureau", a-t-elle ironisé sur Twitter. Pour elle, "l'auteur (de la réforme) est disqualifié, le texte ne vaut pas mieux". 

Jeanne Bulant