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Damien Castelain réélu président de la Métropole européenne de Lille

Damien Castelain, président de la Métropole européenne de Lille.

Damien Castelain, président de la Métropole européenne de Lille. - PHILIPPE HUGUEN / AFP

Le président sortant de la métropole a été largement réélu ce jeudi avec 121 voix sur 188.

Sans grande surprise, le président sortant de la Métropole européenne de Lille (MEL), Damien Castelain, a été réélu pour un second mandat à la tête de l'institution ce jeudi. Le maire de Péronne-en-Mélantois, qui était opposé à Pauline Ségard, élue EELV de Villeneuve-d'Ascq, et Rudy Elegeest, maire divers gauche de Mons-en-Baroeul, a obtenu 121 voix sur 188.

Le maire de Mons-en-Baroeul, Rudy Elegeest, est arrivé en deuxième position avec 46 voix, l'écologiste Pauline Ségard en troisième avec 11 bulletins. Neufs conseillers métropolitains ont voté blanc.

À noter que Martine Aubry, récemment réélue maire de Lille, a été élue deuxième vice-présidente de la MEL avec 113 voix. Alain Bernard, maire de Bouvines, sera quant à lui 1er vice-président.

Castelain accusé de mener une "politique de guichet"

Après la très lourde défaite de la gauche aux municipales de 2014, l'élection de Damien Castelain avait marqué la fin de la domination du PS, à la tête de la communauté urbaine depuis sa création en 1967. Il avait toutefois déjà été propulsé à ce poste grâce à Martine Aubry, présidente sortante, qui avait ainsi empêché l'UMP de s'emparer de la collectivité. Jeudi, son concurrent Rudy Elegeest, pourtant ancien vice-président de Martine Aubry à la Métropole, était lui soutenu par... les élus du groupe du ministre-maire de Tourcoing Gérald Darmanin. Rudy Elegeest reproche à Damien Castelain "un manque de souffle, de vision et de débat" ainsi que sa "gouvernance" et sa "politique de guichet" avec les élus. Une gouvernance "clanique" et "plombée par les affaires", a même dénoncé le maire divers droite de Roubaix Guillaume Delbar, en allusion aux ennuis judiciaires de Damien Castelain.

Plusieurs enquêtes en cours

Le parquet a récemment requis son renvoi devant le tribunal correctionnel pour "recel d'abus de confiance": il est soupçonné, alors qu'il était vice-président de la Mel, d'avoir bénéficié au tournant des années 2010, en marge de la construction par Eiffage du Grand Stade Pierre Mauroy, de 18.000 euros de pierres livrées par le constructeur pour une terrasse personnelle. Damien Castelain fait aussi l'objet d'une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics pour des factures notamment de parfums, services de bien-être ou nuits en hôtel de luxe entre 2017 et 2018, s'élevant à 11.000 euros environ, selon Médiacités. La Mel a en outre été épinglée par la chambre régionale des comptes dans un rapport que Damien Castelain a refusé, malgré les obligations légales, de présenter devant les élus. Le choix de la Mel de déménager dans un bâtiment en location engendrera, selon ce rapport, un surcoût de 41,7 millions d'euros par rapport au projet initial.

Juliette Mitoyen avec AFP