BFMTV

Congrès du FN: Mediapart et Le Petit Journal de Canal + interdits d'entrée

Marine Le Pen lors d'une conférence de presse à Nanterre, le 7 novembre 2014

Marine Le Pen lors d'une conférence de presse à Nanterre, le 7 novembre 2014 - Eric Feferberg - AFP

Les deux médias se voient privés d'accès au congrès du Front national, prévu à Lyon samedi et dimanche. Au FN, on invoque des "raisons de sécurité" pour justifier cette décision.

Mediapart et Le Petit journal de Canal + n'auront pas le droit de couvrir le congrès du Front national, samedi et dimanche à Lyon. Le FN leur en a refusé l'accès.

Motif invoqué: le "grand nombre de journalistes et photographes". Pour des "raisons de sécurité", les journalistes de ces deux médias ne pourraient pas être accrédités, explique le parti de Marine Le Pen dans un mail à Mediapart. 

Mediapart déjà refoulé en septembre

Une source au FN a confirmé que le site dirigé par Edwy Plenel n'était pas accrédité. "Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde", a-t-on assuré, en précisant que l'accréditation avait aussi été refusée au Petit Journal.

Le FN refuse régulièrement l'accès à ses évènements à ces deux médias. En septembre, une journaliste de Mediapart avait pu accéder normalement à l'université d'été des jeunes FN à Fréjus, le samedi matin, avant de s'en voir refuser l'accès dans l'après-midi. Plusieurs journalistes avaient alors décidé de ne pas suivre les travaux de l'après-midi.

"Mediapart a organisé toute une série de débats pendant la présidentielle. Ils ont dit clairement dans un texte: 'Nous inviterons tous les candidats à la présidentielle sauf Marine Le Pen'. S'ils invitent tout le monde sauf moi, moi j'invite tous les journalistes sauf Mediapart (...). En faisant ça, Mediapart rompt avec la déontologie journalistique", avait répliqué Marine Le Pen quelques jours après.

"On gêne la communication de Marine Le Pen"

"Par nos enquêtes, tant sur les liens de Marine Le Pen avec les ultras de l'extrême droite qu'avec nos révélations sur le financement du FN par une banque russe, on vient gêner la grande entreprise de communication de Marine Le Pen", a réagi auprès François Bonnet, l'un des cofondateurs du site.

"Marine Le Pen n'a toujours pas compris qu'en démocratie une presse est libre et doit être autorisée à couvrir les partis avec les choix éditoriaux des médias et non les siens" a-t-il poursuivi, regrettant les "trois fois en un an" où l'accès de Mediapart à des rendez-vous FN est refusé.

Wallerand de Saint-Just, avocat du FN, a précisé qu'actuellement, "trois plaintes" étaient en cours contre Mediapart. Canal + de son côté n'a pas souhaité faire de commentaire.

Ariane Kujawski avec AFP