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Congrès des maires: Macron se prononce contre l'interdiction des listes communautaires

Emmanuel Macron est intervenu ce mardi devant le Congrès des maires de France. Il a évoqué le sujet du communautarisme, et des listes communautaires.

Devant le Congrès des maires de France, réuni par l''AMF, ce mardi, Emmanuel Macron a évoqué le sujet du communautarisme, et en particulier celui, très sensibles pour les élus, de l'apparition de listes communautaires aux élections locales. "Le sujet des listes communautaires est venu. Je suis pragmatique et ouvert aux proposition à condition qu’elles soient efficaces", a-t-il lancé. 

"Comment définirait-on ces listes?"

Emmanuel Macron a pris position contre l'idée d'une interdiction de ces listes. Il a aussitôt expliqué: "Comment définirait-on les listes communautaires ? La vie politique est ainsi faite que les choses peuvent changer. Je vous appelle à la prudence, pas à celle qui produit l’inaction mais celle qui nous permet de voir les conséquences de ce qu’on propose." "Il ne s’agit pas de proclamer l’interdiction pour régler ce problème", a-t-il encore ajouté. 

Le chef de l'Etat a encore développé une autre dimension du problème: "Qui peut penser que de telles listes se présenteraient à visage découvert, avec clarté ? Ceux qui développent un projet communautaristes, d’islam politique très souvent se cachent, se dissimulent. Ce qui compte c'est le combat politique en actes, c’est donc l’intransigeance républicaine, ce qui compte c’est de faire tomber les masques de ceux qui défient la devise inscrite aux fronton des mairies qu’ils convoitent."

"Comptez-sur moi" sur ce point a alors achevé Emmanuel Macron. Il a d'ailleurs annoncé, en provenance du gouvernement, de nouvelles mesures contre le communautarisme "dans les prochaines semaines", ainsi que des "instructions nouvelles du ministre de l’Intérieur aux préfets dans les prochains jours". 

"Dans certains endroits un projet de séparation progresse" 

"Je ne peux pas rester silencieux sur le communautarisme, l’islam politique. Dans certaines communes, quartiers, progresse un projet de séparation d’avec la République. Ce sont les revendications sur les horaires réservés pour les femmes dans les piscines, ces endroits où la mixité n’est plus possible, ces services communautaires cherchant à se substituer à ceux de la République, ces déscolarisation d‘enfants. Les maires sont en première ligne à chaque fois. L’Etat agit et continuera d’agir. Des lois ont été prises, des actions conduites", a-t-il déclaré. 

"Cette action continuera mais nous devons là aussi faire plus et ne pas vous laisser isolés", a-t-il prolongé. Là, il a éprouvé la nécessité de procéder à quelques distinctions: 

"Mais il ne faut pas tout confondre. On confond bien souvent laïcité, civilité, et ordre public. La laïcité est un cadre de liberté et de respect, celle de croire ou de ne pas croire, un cadre de neutralité. Ce n’est en aucun cas un cadre d’exclusion. Il ne faut pas mettre front à front une société française face à l’autre. Ce serait une erreur historique"

"L'esprit de division produit le pire" 

Toutefois, listant la "civilité, l'égalité entre les femmes et les hommes, et le respect de l'ordre public", Emmanuel Macron a affirmé: "Peut être que c’est là qu’il faut nous réarmer, prendre de nouvelles lois, mais jamais dans un esprit de division : il est inefficace et produit le pire".

Robin Verner