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Comme le veut Hollande, faut-il renégocier l'accord de Bruxelles ?

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S'il est élu président en 2012, le socialiste François Hollande entend "renégocier" l'accord sur le projet de traité européen obtenu vendredi à Bruxelles, en donnant notamment un rôle accru à la BCE. "Irresponsable", juge François Fillon. Des économistes débattent. Vous aussi, donnez votre avis !

Les Bourses européennes ont pris une nouvelle douche froide à la clôture hier lundi, après l'accord de Bruxelles, accueilli par une chute de 2,7% à Paris... Et au même moment, Moody's sort le carton jaune.
Sur le plan politique, François Hollande a annoncé hier lundi qu'il entendait "renégocier", s'il était élu président en 2012, l'accord sur le projet de traité européen obtenu vendredi à Bruxelles, afin de le compléter par "ce qui lui manque". A savoir, selon le candidat PS à l'Elysée : la possibilité d'une intervention accrue de la Banque centrale européenne (BCE), l'introduction d'eurobonds pour mutualiser les dettes des pays de la zone euro, un fonds de secours financier "doté à un niveau élevé" et des mesures pour favoriser la croissance.

Fillon: « C'est tout à fait irresponsable »

Riposte immédiate de François Fillon: "C'est la crédibilité de la France qui est en jeu, car on ne peut pas dire aux marchés : il y a un accord européen en décembre mais on ne sait pas si en avril ou en mai, il sera toujours valable. C'est tout à fait irresponsable", a lancé le Premier ministre lors d'une visite en Haute-Marne.

« Cet accord ne répond pas à la question de la crise financière »

Comme le souhaite François Hollande, faut-il renégocier l'accord de Bruxelles adopté par les 26 vendredi dernier ? Karine Berger, économiste, conseillère de François Hollande, est pour : « On va devoir aller plus loin car on ne répond pas à la question de la crise financière. Qu’on le veuille ou non, les marchés financiers aujourd’hui ne disent pas à l’Europe exclusivement : vous avez besoin de plus de discipline. C’est pas vrai. Ils demandent : quelle va être votre chemin de croissance économique à long terme ? Comment vous allez gérer la question de votre stock de dettes ? Et la question de la discipline, qui est évidemment celle de la crédibilité de la politique budgétaire et qui est très importante, ne répond pas à l’ensemble de ces questions ».

« Une nécessité de rigueur partagée par notre opinion publique »

Satisfait de l’accord signé vendredi, l’économiste Jean-Marc Daniel, professeur à l'Ecole supérieure de commerce de Paris, dénonce l’attitude du candidat socialiste : « Vu l’état d’endettement de la France, mais aussi ceux de l’Allemagne, de l’Italie et de l’ensemble des pays européens, cette idée d’une nécessité de rigueur dans la gestion des finances publiques est partagée aussi bien par nos partenaires européens que, je pense, par notre opinion publique. C’est une position de campagne électorale, mais je pense que si François Hollande est élu, il ne mettra pas cette promesse à exécution ».