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Colère sociale: Macron annonce un "plan d'urgence" pour l'hôpital

En déplacement à Epernay dans la Marne ce jeudi, Emmanuel Macron a annoncé le dévoilement mercredi prochain d'un "plan d'action renforcé" pour l'hôpital.

Depuis la mairie d'Epernay, dans le département de la Marne dans lequel il se trouvait ce jeudi en déplacement, Emmanuel Macron a évoqué un "complément" à la politique suivie par le gouvernement en matière de santé. Alors que le personnel soignant se mobilise depuis des mois pour dénoncer ses conditions de travail, il a en effet déclaré son intention de "compléter le plan actuel par une forme d’accélération, un plan d’urgence qui réponde à ce malaise beaucoup plus vite". Il a évoqué "un plan conséquent et jusqu'à la fin du quinquennat". "J'ai entendu la colère et l'indignation face à des conditions de travail impossible", a-t-il déclaré à l'attention des soignants. 

"Nous devons investir davantage" 

Il a fixé la date du dévoilement des modalités concrètes de cette "accélération": "J’ai demandé à la ministre de la Santé de travailler à un plan d’action renforcé avec des décisions fortes, qui sera annoncé mercredi prochain par le Premier ministre à la sortie du Conseil des ministres."

Sans rejeter la feuille de route, baptisée "Ma santé 2022", portée jusqu'ici par l'exécutif, louant des mesures comme "la fin du numerus clausus", la permission accordée aux pharmaciens de vacciner, l'ouverture à de "nouveaux métiers", il a assuré que mercredi prochain, des "moyens" nouveaux seraient avancés. "Nous devons investir et davantage que ce qui était prévu: investir dans les urgences, dans les moyens, notamment les rémunérations, investir très concrètement avec des dispositifs sur le plan financier, investir dans l’outil de travail au quotidien", a détaillé Emmanuel Macron. 

"De manière très concrète le plan mis en œuvre ne va pas assez vite. On ne peut pas expliquer au personnel soignant que les résultats arriveront dans 5 ou 10 ans", a-t-il poursuivi, tout en maintenant son souhait d'assumer "les restructurations quand elles sont nécessaires."

"Nous savons ce que nous devons au personnel soignant" 

"On pourra ainsi recruter et assurer l’attractivité de l’hôpital", a-t-il posé. Emmanuel Macron a également rendu hommage aux travailleurs du secteur de la santé: "Je veux dire ma considération pour le personnel soignant, qui sont des gens qui ont fait un des plus beaux choix de vie, celui d'être là dans les moments les plus difficiles des Français."

"Nous savons ce que nous leur devons", a-t-il affirmé. Le chef de l'Etat a reconnu la détresse des services hospitaliers, listant "les difficultés matérielles, la compression des salaires, le ressenti que rien ne fonctionne plus au quotidien dans les services". "Cette situation n’a pas commencé il y a un an, soyons honnêtes. Nous héritons de cette situation.", a toutefois ajouté Emmanuel Macron. 

Robin Verner