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Politique

Ces députés LaREM qui ont voté contre la ratification du Ceta

Des manifestants opposés au traité de libre-échange Ceta, en octobre 2016 dans les rues de Paris (Photo d'illustration).

Des manifestants opposés au traité de libre-échange Ceta, en octobre 2016 dans les rues de Paris (Photo d'illustration). - FRANCOIS GUILLOT / AFP

Le vote sur la ratification du traité de libre-échange entre l'UE et le Canada (Ceta), ce mardi à l'Assemblée nationale, a enregistré un nouveau record de contestation chez les députés "marcheurs". 52 élus LaREM se sont abstenus, et 9 ont voté contre le projet de loi.

C'est par un score serré qu'a été approuvé, ce mardi, le projet de ratification du Ceta. Ce traité de libre-échange commercial entre l'Union européenne et le Canada fait l'objet de vives critiques pour son impact environnemental ou en raison du risque d'importation de viande bovine nourrie aux farines animales.

Des inquiétudes qui ont gagné jusqu'aux rangs de la majorité présidentielle, avec un record inédit de contestation. 52 députés La République en Marche se sont abstenus et 9 parlementaires ont même voté contre le projet de loi, en expliquant leurs raisons dans des communiqués publiés sur les réseaux sociaux.

Il s'agit d'Éric Alauzet, député du Doubs se présentant comme "député écologiste" sur Twitter mais pourtant bien rattaché au groupe LaREM dans l'Hémicycle; Lionel Causse, élu des Landes; Yves Daniel, député de Loire-Atlantique; Olivier Gaillard, député du Gard; Albane Gaillot, députée du Val-de-Marne; Sandrine Le Feur, députée du Finistère; Jean-François Mbaye, élu du Val-de-Marne; Xavier Paluszkiewicz, député de Meurthe-et-Moselle; ainsi que Benoît Potterie, élu du Pas-de-Calais.

Le Ceta "ne va pas dans le sens de l'histoire"

Pour certains parlementaires LaREM, l'impact environnemental de ce traité de libre-échange est "insuffisamment mesuré". Le Ceta "ne va pas dans le sens de l'histoire", dénonce Albane Gaillot, députée du Val-de-Marne qui a dit non à la ratification du traité dans l'Hémicycle, dans son communiqué publié sur Twitter. Une position partagée par son collègue Éric Alauzet. Sur le réseaux social, l'élu fustige un traité qui "ne permet pas de répondre aux enjeux actuels, au premier rang desquels le climat et la biodiversité".

"Les accords (de libre-échange) doivent être des outils au service de la transition écologique en intégrant la prise en compte des limites planétaires. Ils doivent inclure des critères sociaux et la notion d'équitabilité des échanges", préconise Sandrine Le Feur, députée du Finistère dans son communiqué.

Ce vote intervenait quelques heures après le discours engagé de la jeune Greta Thunberg, ce mardi matin devant l'Assemblée nationale, contre l'inaction des dirigeants politiques pour la cause climatique, à l'invitation du député du Maine-et-Loire Matthieu Orphelin.

Pour ce dernier, "il y a eu trop d'éléments de langage rassurants sur ce Ceta". Et le député ex-LaREM et désormais non-inscrit de justifier son vote contre le texte à notre micro ce mardi.

"Il y avait un certain nombre de problèmes, et donc par ces abstentions, les députés de la majorité ont envoyé un message très clair pour les prochains accords: qu'ils prennent mieux en compte le long-terme, le climat, la biodiversité, l'agriculture. Sinon, ils ne passeront pas", a mis en garde l'élu du Maine-et-Loire.

Ces voix discordantes sont la preuve que le débat est loin d'être purgé sur les conséquences climatiques des traités de libre-échange. Pourtant mardi matin en réunion de groupe, le Premier ministre avait tenté de lever les doutes sur le Ceta, mettant en garde contre les "conséquences non nulles" d'un vote non-aligné, selon un participant. 

Benjamin Duhamel avec Jeanne Bulant