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Ce que traduit la gestuelle d'Emmanuel Macron pendant son allocution

Emmanuel Macron, lors de son allocution, le 10 décembre 2018.

Emmanuel Macron, lors de son allocution, le 10 décembre 2018. - Capture d'écran BFMTV

Un expert en communication non verbale a analysé pour BFMTV.com les gestes et la voix du président de la République pendant son discours depuis l'Élysée.

“L’ensemble sonne juste”, assure Stephen Bunard. L’expert en communication non verbale a regardé les 13 minutes de l’allocution d’Emmanuel Macron, ce lundi soir depuis l'Elysée. Il analyse pour BFMTV.com la gestuelle et les tics corporels du président de la République et ce qu’ils peuvent traduire de son état d’esprit, au terme de près d'un mois de mobilisation des gilets jaunes.

Un “certain stress émotionnel”

Pendant l’allocution, Emmanuel Macron a eu, notamment au début de son discours, l’oeil gauche plus fermé que le droit. Stephen Bunard assure que “cela traduit une tension, un stress émotionnel” qui indique que “l'événement le touche”.

Sept “sujets forts”

L’expert en communication non verbale avance que les réactions corporelles du Président traduisent sept sujets forts: “la liberté”, “la colère des Français”, “j’aime mon pays”, “je n’ai pas oublié mon engagement", “poursuivre les transformations du pays”, “l’immigration” et “prendre le pouls du pays”. Durant ces passages, le chef d’État a “sorti sa langue” ou “s’est pincé la langue”, ce qui témoigne, selon Stephen Bunard, d’un “haussement de l’affect”.

Une adhésion renouvelée à Edouard Philippe

  • L’étude du langage corporel du président de la République transcrit également pour l’expert une adhésion à Edouard Philippe: “Lorsqu’il a évoqué le Premier ministre, sa main gauche s’est levée. C’est un élan spontané et non conscient qui réaffirme son soutien envers lui.”

Tandis que François Hollande et Nicolas Sarkozy avaient tendance à parler avec la main droite, Emmanuel Macron s'exprime avec la main gauche: “La main droite sert pour convaincre, la main gauche est davantage dans le compassionnel et la sincérité.”

Sur le ton de la voix enfin, Stephen Bunard juge que le président a réussi son pari:

“Être dans la solennité sans être dans la gravité. Montrer qu’il est dans la proposition, sans montrer qu’il lâche”, conclut-il.

Esther Paolini