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"C'est monstrueux": la députée écologiste Delphine Batho condamne le retour des néonicotinoïdes

Invitée de BFMTV et RMC, la co-présidente du groupe EDS à l'Assemblée nationale a dénoncé les arguments "fallacieux" du gouvernement sur le sujet de la filière sucrière française.

Au lendemain du vote à l'Assemblée nationale sur la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes en France, pesticide tueur d'abeilles, les écologistes poussent des cris d'orfraie. L'une des opposantes les plus farouches au texte défendu par le gouvernement, Delphine Batho, a dénoncé ce mercredi sur BFMTV-RMC un événement "monstrueux".

"On demande au Parlement de prendre la décision délibérée, volontaire, en toute connaissance de cause, de remettre du poison sur 400.000 hectares en France, dont on aura encore les conséquences dans 20 ans, c'est monstrueux", a-t-elle déclaré.

"On ne le contrôle pas"

Selon la députée des Deux-Sèvres, co-présidente du groupe Écologie Démocratie Solidarité au Palais-Bourbon, l'argument de la défense de la filière des betteraves sucrières est insuffisant pour justifier cette loi. Durant les débats dans l'hémicycle, la patronne du parti Génération écologie a suscité la colère froide du ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie.

"Vous allez avoir d'autres filières qui vont dire, 'mais nous aussi, pourquoi que la betterave'", prévient Delphine Batho.

Interrogée sur le fait que la dérogation doit concerner les seuls betteraviers, l'ancienne proche de Ségolène Royal évoque la "subtilité" consistant à avoir glissé cette disposition dans un autre article de la loi qui, dit-elle, sera censuré par le Conseil constitutionnel.

"Mais même que la betterave, (...) c'est 400.000 hectares, c'est des régions entières dans lesquelles on met un poison qui, une fois qu'il est dans le sol, on ne le contrôle pas. (...) Il va dans les eaux, il va dans les autres parcelles agricoles", assure-t-elle.

Selon Delphine Batho, "on peut écrire dans la loi, (...) dans les arrêtés, que le règlement prévoit que les néonicotinoïdes (...) doivent rester dans telle parcelle; dans la nature, ça ne se passe pas comme ça". "Donc tout ça est totalement fallacieux", juge-t-elle.

Jules Pecnard Journaliste BFMTV