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Bure: à gauche, Hamon dénonce l'évacuation, Carvounas l'approuve

Evacuation des opposants au projet d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure le 22 février 2018

Evacuation des opposants au projet d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure le 22 février 2018 - AFP

La gendarmerie nationale a évacué ce jeudi matin les opposants au projet d'enfouissement des déchets nucléaires de Bure (Meuse). Une pratique qui divise à gauche.

L'ancien candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon a dénoncé ce jeudi l'utilisation de "la force plutôt que le dialogue" par le ministre de l'Intérieur, en réaction à l'évacuation des opposants au projet Cigéo d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure.

"C'est la méthode Collomb"

"Moi je ne crédite pas le gouvernement d'un quelconque bon point, parce qu'il utilise la force" a-t-il déclaré au micro de Franceinfo. "C'est la méthode Gérard Collomb : on l'aurait écouté, il aurait fait la même chose à Notre-Dame-des-Landes. Fort heureusement, personne ne l'a écouté, donc il se rattrape sur Bure en quelque sorte".

"Je pense qu'il vaut mieux surtout entrer en dialogue et notamment s'intéresser à ce que pensent aussi les habitants de ce territoire", a ajouté l'ancien membre du PS et désormais fondateur du mouvement Générations.

Ils ont mis à feu et à sang la ville de Nantes"

Luc Carvounas, candidat au poste de premier secrétaire du PS, a lui exprimé une position diamétralement opposée. "Moi, je suis pour que les décisions de justice soient appliquées et applicables", a déclaré le député du Val-de-Marne, invité de l'émission "Questions d'info" LCP-Le Point-AFP.

"Je rappelle quand même que celles et ceux qui sont en train d'être évacués ou qui ont été évacués ce matin correspondent à des activités, ce sont les mêmes qui ont mis à feu et à sang la ville de Nantes au moment de Notre-Dame-des-Landes, et ils sont dans une forêt de plus de 200 hectares", a ajouté Luc Carvounas.

"Les ZAD ne poussent pas comme des champignons"

Interrogé sur la possible constitution d'une ZAD à Bure, Benoît Hamon a répondu: "Il n'y a pas des ZAD qui poussent comme des champignons en France, donc on est toujours sur le registre un peu martial, classique du ministre de l'Intérieur".

"Ce qui est important, c'est qu'on arrive à savoir si oui ou non il est raisonnable d'enfouir des déchets nucléaires là-bas", a-t-il ajouté, mentionnant un "rapport qui a pointé les risques qui existaient sur ce site".

M. F. avec AFP