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Bachelot : « Se préparer à 2 scénarios gris »

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Si elle écarte une version catastrophique de la pandémie du virus H1N1, la ministre de la santé n'envisage pas non plus l'avenir avec trop d'optimisme. Elle en appelle à la responsabilité de chacun.

Où en est-on de la Grippe A : la France est en état d'alerte 5... va-t-on passer en état d'alerte 6 ?

« Il est encore trop tôt pour le dire. Nous observons ce qui se passe dans l'hémisphère austral. Ce qui entrainerait un passage en niveau 6, c'est une circulation beaucoup plus active du virus et des cas beaucoup plus nombreux. Et bien sûr une virulence augmentée du virus. Mais actuellement, les réseaux nous signalent pour la semaine dernière 37 cas pour 100 000 habitants. En tout, ce 23 000 consultations la semaine dernière, mais pas que pour la grippe A. il y a un buzz de grippe... il y'a des gens qui sont inquiets. Les spécialistes considèrent la pandémie à 70 000 consultations de grippe par semaine. C'est un des éléments qui pourrait entrainer le passage en niveau 6.

Une contamination par vagues ou une montée progressive

Les épidémiologistes nous ont décrit 4 scénarios. On a pensé pour le premier, on a espéré que la grippe pourrait s'éteindre naturellement. Les épidémiologistes nous ont demandé d'abandonner ce scénario optimiste.
Ensuite nous avons deux scénarios « gris » : une évolution par vagues de la grippe H1N1 ou une montée continue de la contamination et de la pandémie. Puis un scénario plus « noir », celui d'une mutation du virus qui deviendrait plus virulent suite à son passage dans l'hémisphère austral. C'est sans doute ce dernier scénario qui est le moins probable, puisqu'à travers ce qui a été observé dans l'hémisphère austral, on ne voit pas de mutation du virus. On étudie la capacité mutagène de ce virus, mais pour l'instant, non, c'est peu probable.

Mesures barrières pour citoyen responsable

Ce seront donc les deux scénarios « gris ». Il faut s'y préparer puisque nous sommes en face d'un virus peu sévère mais très contaminant. Dans ce cas, il y a effectivement des populations fragiles. Il faut les protéger. Comment ? En faisant de l'information sur les mesures barrières. Et là j'en appelle à la responsabilité de chacun. Nous sommes tous responsables de la santé de nos concitoyens. Eviter de tousser, et d'éternuer à la figure de ses proches, se laver les mains, aérer les pièces... Se comporter en citoyen responsable.
Et puis aussi bâtir une politique de vaccination, en passant les commandes qui vont bien et en assurant à tous nos compatriotes qui le voudront la possibilité de se faire vacciner. »

La rédaction-Bourdin & Co