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Avec ou sans Hollande? Le casse-tête de la primaire à gauche

François Hollande le 1er avril 2016 à Washington.

François Hollande le 1er avril 2016 à Washington. - Jim Watson - AFP

Si une participation du chef de l'Etat à une primaire de gauche semble désormais vraisemblable, les modalités du scrutin, elles, sont encore loin d'être fixées.

La primaire à gauche verra-t-elle le jour? Depuis l'appel lancé par plusieurs personnalités dans Libération en janvier 2016, les représentants des partis de gauche, du PCF au PS en passant par Europe Ecologie - Les Verts, l'UDE ou encore Nouvelle Donne, se retrouvent une fois par semaine pour tenter de dessiner les contours d'un tel scrutin.

Après les discussions, le projet pourrait devenir plus réel dans les prochains jours. Le Conseil national du PS, le "parlement" du parti, doit se prononcer prochainement sur l'éventualité d'une primaire. Le sujet sera également évoqué chez les communistes, qui se réunissent en conseil national le 15 avril avant un congrès annuel en juin, ainsi qu'au conseil fédéral d'EELV le 9 avril prochain. Les écologistes discuteront eux une motion: un texte "pas définitif", dans lequel les partisans de la primaire exprimeront leur intérêt pour un tel scrutin... mais aussi leurs réserves.

"Sans cette condition, il n'y a pas de primaire"

Car certains points de désaccords sont encore vivaces. Les écologistes se méfient d'un scrutin à deux tours, qui favoriserait notamment "les manigances de l'entre-deux-tours", ralliements et autres négociations entre candidats. Marine Tondelier, présente aux discussions, défend elle l'idée d'un scrutin préférentiel qui permettrait aux électeurs de classer les candidats par ordre de préférence. "On se bat pour faire quelque chose de plus dynamique. Parce que si c'est pour faire une mini-présidentielle entre partis de gauche, non merci", lance l'élue écologiste d'Hénin-Beaumont, jointe par BFMTV.com. "Sur le mode de scrutin, rien n'est fixé, c'est très ouvert", assure de son côté Christophe Borgel, le secrétaire national du PS en charge des élections.

Mais il y a une condition sur laquelle il ne transigera pas: le soutien des participants au vainqueur de la primaire pour 2017. "Si cette condition n'est pas remplie, il n'y a pas de primaire", soutient Christophe Borgel. "Or pour l'instant, cela ne va pas de soi". Le cadre du PS, tout comme le premier secrétaire du parti, souhaite la candidature et la victoire de François Hollande.

"Moi j'ai un problème politique avec François Hollande, et aussi un problème de confiance", confie Marine Tondelier. "Son programme à lui il ne l'a pas appliqué, alors un programme collectif…" Difficile alors de convaincre son parti d'un éventuel soutien au chef de l'Etat en cas de victoire à la primaire. Même réserve chez les communistes, où la participation même de François Hollande au scrutin laisse perplexe. Devant cette condition, les deux camps pourraient tenter d'obtenir des gages sur le programme du futur vainqueur. Sans aucune garantie.

Un scrutin en décembre

Mal partie, la primaire? "C'est pas gagné", confirme Marine Tondelier. "Cela chemine, on est très volontaires", affirme de son côté Christophe Borgel. Pierre Larrouturou s'étonne lui de la rapidité avec laquelle le projet avance. Le coprésident de Nouvelle Donne n'a d'ailleurs aucun problème avec le fait de soutenir le vainqueur: il est de toute façon convaincu qu'une candidature de François Hollande est vouée à l'échec. Dans ces conditions, une certitude: "je ne sais pas si on soutiendra le vainqueur, cela dépend de qui il s'agit. Mais on ne présentera pas de candidat contre lui".

Reste désormais à fixer un calendrier. Si les socialistes ont défendu l'idée du mois de janvier – "pour que Hollande se présente le plus tard possible", glisse un participant aux discussions – ils se disent néanmoins "pas contre" un scrutin organisé en décembre, avant les fêtes. Il faudra donc attendre l'automne pour connaître les candidats à la primaire… Si elle a lieu. "Je ne donne pas de pourcentage de chances qu'elle se fasse ou pas. Mais si elle ne se fait pas, cela ne sera pas de la faute du PS", prévient Christophe Borgel. Les discussions à venir promettent d'être animées.

https://twitter.com/ariane_k Ariane Kujawski Journaliste BFMTV