BFMTV

Asile et immigration: un rapport parlementaire propose un volet "social" pour adoucir le projet de loi

Photo d'illustration

Photo d'illustration - PHILIPPE HUGUEN / AFP

Un rapport parlementaire a été présenté lundi pour rééquilibrer le projet de loi immigration, jugé sévère, en lui adjoignant un volet social. Le Premier ministre a confirmé en début de soirée que le gouvernement "en reprendra les grands axes".

Il s'agit d'un des points de tension entre la majorité parlementaire et l'exécutif: pour de nombreux députés marcheurs, notamment venus des rangs socialistes, la politique envisagée par le gouvernement en matière d'asile et d'immigration est trop dure. Ce lundi après-midi, le député du Val-d'Oise Aurélien Taché a présenté à Lyon, fief du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, les recommandations d'un rapport sur le volet social de la nouvelle politique migratoire, confié à ses soins par le Premier ministre en septembre dernier.

"On va enfin voir la deuxième jambe...", espère dans Le Parisien un macroniste de la première heure, inquiet que l'équilibre de l'exécutif ne soit trop porté sur sa jambe droite. Le locataire de la place Beauvau avait ainsi dû faire face à 28 associations, qui avaient saisi le Conseil d’État en référé pour demander la suspension d'une circulaire organisant un recensement des migrants dans l'hébergement d'urgence, perçu comme un dévoiement sécuritaire de cette procédure d'accueil.

De fait, le Premier ministre a affirmé que le gouvernement "reprendra les grands axes des propositions" contenues dans le rapport remis par le député Aurélien Taché. 

"La France a une longue et belle tradition d'accueil. Mais notre pays n'est pas toujours à la hauteur de cette tradition", a tranché le Edouard Philippe après s'être vu remettre ce catalogue de 72 propositions. Il a indiqué qu'il réunirait un comité interministériel sur l'intégration "dans les prochaines semaines" pour "étudier les suites à donner au rapport" et "mobiliser les ministres" concernés.

Accès à l'emploi

Parmi les principales mesures proposées, le rapport suggère que les demandeurs d'asile puissent commencer six mois après le dépôt de leur dossier, délai auquel le projet de loi immigration ambitionne de ramener la durée d'examen d'une demande d'asile.

"Il faut être cohérent, soit on arrive à avoir une réponse pour l'asile en six mois comme on s'y engage dans la loi, soit on ne prive plus la personne du droit de travailler", défend l'ancien socialiste Aurélien Taché dans Le Parisien. "On ne donne pas du travail, on donne la possibilité d'en chercher", précise l'élu de La République en marche.

"On ne tient absolument pas compte du savoir-faire de la personne, de ce qu'elle pourrait vouloir faire en arrivant, de l'orientation vers des métiers où il y a des besoins... A l'exil, on a ajouté le déclassement", déplore-t-il.

Apprentissage du français

Autre mesure phare, qu'un budget en augmentation de 26% est censé irriguer: faciliter l'apprentissage de la langue. Les cours de français, dont les demandeurs d'asile peuvent bénéficier entre 50 et 200 heures selon leur niveau de départ, pourraient ainsi être doublées, voire triplées. 

Parmi les dizaines de propositions contenues dans ce rapport, plusieurs pourraient être intégrer au projet de loi immigration pour le rééquilibrer d'ici sa présentation en conseil des ministres, le 21 février. "Nous proposons une troisième voie construite sur l'autonomie des personnes", soutient ainsi Aurélien Taché, dans une démarche très macronienne.

Louis Nadau