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Afghanistan : quatre Français tués, Hollande confirme le retrait

L'opération de retrait d'Afghanistan des troupes françaises débutera au mois de juillet et s'achèvera à la fin de l'année, a confirmé François Hollande samedi dans une déclaration solennelle à la préfecture de Tulle (Corrèze), après la mort de quatre sold

L'opération de retrait d'Afghanistan des troupes françaises débutera au mois de juillet et s'achèvera à la fin de l'année, a confirmé François Hollande samedi dans une déclaration solennelle à la préfecture de Tulle (Corrèze), après la mort de quatre sold - -

KABOUL/PARIS (Reuters) - L'armée française a essuyé samedi ses premières pertes en Afghanistan depuis l'élection de François Hollande à la...

KABOUL/PARIS (Reuters) - L'armée française a essuyé samedi ses premières pertes en Afghanistan depuis l'élection de François Hollande à la présidence de la République le 6 mai. Quatre soldats ont été tués et cinq autres blessés, dont trois grièvement, dans la province de Kapisa, dans l'est du pays.

Cette attaque suicide est intervenue quelques jours après la visite du président François Hollande, le 25 mai, aux troupes basées à Nijrab.

Le chef de l'Etat a confirmé dans la journée sa décision de retirer dès cette année la plupart des 3.400 militaires français toujours déployés en Afghanistan, soit deux ans avant la date prévue par l'Otan.

Dans une déclaration solennelle à la préfecture de Tulle (Corrèze), il a précisé que l'opération débuterait au mois de juillet et qu'elle s'achèverait à la fin 2012.

D'ici là, tout doit être fait pour que les troupes "remplissent leurs obligations" avec "le niveau le plus élevé de sécurité et la plus grande vigilance", a-t-il dit.

"Face à cette épreuve, les Français resteront rassemblés", a ajouté le président français.

La dernière attaque meurtrière contre des troupes françaises de la coalition de l'Otan remonte au mois de janvier dernier. Quatre soldats avaient également trouvé la mort dans la région montagneuse de Kapisa.

La France a perdu 87 soldats en Afghanistan depuis 2001.

L'attaque de samedi a été revendiquée par les taliban.

"Il s'agit d'un incident regrettable. Des soldats de la coalition patrouillaient dans un petit bazar et ils ont été attaqués par un kamikaze portant une burqa", a dit à Reuters un porte-parole du ministère afghan de l'Intérieur, Sedik Seddiki.

Le chef de la police régionale, Abdul Rahman, avait un peu plus tôt indiqué qu'une attaque suicide avait visé des militaires français dans le district de Nijrab.

LE DRIAN SUR PLACE DIMANCHE

"A travers ce drame, c'est toute la France qui est touchée aujourd'hui", a déclaré François Hollande, saluant "le courage et le dévouement de nos troupes françaises en Afghanistan".

Il a annoncé que le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, se rendrait en Afghanistan dès dimanche.

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a fait part de son "immense tristesse" et condamné "un acte de barbarie sans nom".

"Rien n'est plus odieux et plus lâche qu'un attentat kamikaze. La démocratie ne doit jamais capituler devant cette violence", déclare-t-il dans un communiqué.

La dirigeante du Parti socialiste, Martine Aubry, estime que le chef de l'Etat a su "trouver les mots justes pour exprimer le soutien du peuple français aux familles des victimes et à leurs proches et pour dire toute notre admiration devant le courage de notre armée".

"Dans un tel moment, la France doit se rassembler dans l'hommage national décidé par le président de la République", écrit-elle dans un communiqué.

Lors de son bref déplacement à Kaboul, le 25 mai, François Hollande avait confirmé sa volonté de retirer cette année les troupes combattantes françaises stationnées dans le pays, que Paris continuera d'aider ensuite "sous d'autres formes".

Le départ "non négociable" des quelque 3.400 soldats français encore en Afghanistan "sera ordonné et coordonné (...) en bonne intelligence avec nos alliés", avait-il déclaré.

Ce retrait commencera par celui des troupes combattantes, qui sera achevé avant la fin de l'année et concernera 2.000 personnes, a-t-il précisé.

Des militaires français resteront sur place pendant quelques mois en 2013 pour gérer le rapatriement du matériel. La France restera ensuite en Afghanistan pour développer une coopération économique et culturelle, a dit François Hollande.

Gérard Bon, avec Sanjeev Miglani et Hamid Shalizi à Kaboul; édité par Jean-Stéphane Brosse