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A Marseille, la droite se déchire déjà pour candidater à la mairie

Martine Vassal, à la sortie du bureau de vote.

Martine Vassal, à la sortie du bureau de vote. - CLEMENT MAHOUDEAU

Martine Vassal, tête de liste LR à Marseille, a été devancée dimanche par la gauche incarnée par Michèle Rubirola. La droite espère encore gagner le siège de maire via des alliances, mais sa leader ne fait pas consensus.

Martine Vassal peut craindre d'être prise au piège d'un système féodal. Dimanche, au moment de se désigner un nouveau suzerain destiné à remplacer Jean-Claude Gaudin, maire depuis 25 ans, les Marseillais ont arbitré la joute municipale en faveur du "Printemps marseillais", union de la gauche pilotée par l'écologiste Michèle Rubirola. Seulement voilà, avec 13.000 suffrages supplémentaires, 38,3% des voix, et 42 conseillers municipaux sur 101, celle-ci ne dispose que d'une majorité relative et par le jeu des alliances, la droite peut encore espérer voir son leader être adoubé.

Le feu couve

Mais c'est bien là que se trouve le défaut de la cuirasse de Martine Vassal, non seulement tête de liste des Républicains à Marseille mais présidente de la métropole comme du Conseil départemental: elle peine à rassembler son camp derrière sa bannière, et risque l'ordalie.

En effet, plusieurs barons locaux pensent tout haut à la remplacer dans l'optique du "troisième tour", samedi, lors duquel les élus s'accorderont sur le nom du ou de la maire. Bruno Gilles, sénateur et candidat dissident de droite, a déjà annoncé lundi auprès de France 3 qu'il ne faudrait pas compter sur lui pour voter pour sa rivale, affaiblie de plus par sa défaite personnelle dans les 6e et 8e arrondissements:

Je ne serai pas évidemment candidat à la mairie de Marseille, mais je souhaite qu'il émerge de ce camp de la droite, des Républicains, du centre et des progressistes, une candidature qui soit apaisante et apaisée, une candidature alternative, qui permettra peut-être à certains de se retrouver."

Pas encore en lice

Le parlementaire a suggéré le nom de Lionel Royer-Perreault, réélu dans les 9e et 10e arrondissements de la ville, en alternative. Il emboîte ainsi le pas du président du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier, qui a déclaré, auprès de 20 Minutes: "Soit Martine Vassal peut réussir l’unité, soit quelqu’un doit le faire. Seul Lionel Royer-Perreaut sort incontestablement vainqueur de ce scrutin".

Le principal intéressé rougit sous ces louanges, mais n'est pas encore entré en lice. "Je suis sensible aux sollicitations. Mais Martine Vassal a porté la candidature de la droite républicaine et elle a la capacité de faire l’unité", a-t-il lâché, toujours relayé par 20 Minutes.

Le tournoi se complique encore avec l'intervention de Guy Teissier, député de la 6e des Bouches-du-Rhône sans interruption depuis 1993, après des premiers pas à l'Assemblée nationale en 1988. Cité ici par La Provence, il a lui aussi rompu une lance mardi: "Je serai loyal jusqu'au bout à Martine Vassal, mais je pourrais être un recours si elle décide de ne pas y aller pour des raisons qu'elle a jugées bonnes". Il faisait aussi valoir: "J'ai l'expérience, j'ai présidé la communauté urbaine, je suis le plus écologiste avec la fondation du Parc national des Calanques, j'ai eu beaucoup de succès électoraux".

Ce mercredi matin, il a toutefois expliqué à France Bleu que, lors d'une réunion tenue la veille, Martine Vassal avait affirmé son intention d'aller au bout de son ambition. Guy Teissier a soutenu une nouvelle fois qu'il entendait être loyal envers la candidate officielle.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV