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6 propositions que le PS et LR abandonnent pour les législatives

Jean-Christophe Cambadélis le 29 novembre 2016 à Paris.

Jean-Christophe Cambadélis le 29 novembre 2016 à Paris. - PHILIPPE LOPEZ / AFP

Après la déconfiture de la présidentielle, les deux grands partis traditionnels revoient leur copie. En vue des législatives, le Parti socialiste envoie aux oubliettes le revenu universel, la fin du nucléaire, le 49-3 citoyen et la taxe sur les robots. Les Républicains renoncent quant à eux à augmenter la TVA et revoient leurs objectifs à la baisse sur la suppression des postes de fonctionnaires.

Arrondir les angles. Après une campagne et une élection présidentielle qui ont montré l'échec des deux grands partis traditionnels à rassembler, ceux-ci tirent les leçons de la défaite. A quelques heures d'intervalle, Les Républicains puis le Parti socialiste ont réuni leur bureau national mardi et entériné leur projet pour les législatives. Dans les deux cas, le projet est remanié, expurgé de plusieurs propositions phares portées avant le 23 avril par François Fillon et Benoît Hamon. Le but est le même pour les deux partis: se concentrer sur des mesures plus consensuelles. 

"C’est une belle journée pour les socialistes, nous avons réussi à trouver un chemin commun même si il y a toujours des interrogations".

C'est avec ces mots que Jean-Christophe Cambadélis a lancé mardi la conférence de presse présentant le socle programmatique du parti pour le scrutin du mois de juin. Le résultat, un document de trois pages, "un contrat clair pour la France, une gauche constructive et vigilante", mis au point lors d'une réunion de trois heures qui s'annonçait houleuse. Et à laquelle Benoît Hamon n'a pas participé, anticipant sans doute qu'elle acterait la mort de ses propositions phares. 

"Cela ne vaut rien. C'est trois pages de bla-bla, une fausse synthèse!", s'agaçait mardi l'un de ses soutiens, Guillaume Balas. 

Exit le revenu universel, la taxe sur les robots, le 49-3 citoyen, la sortie du nucléaire

Le document reprend quelques mesures de Benoît Hamon, parmi lesquelles l'interdiction des perturbateurs endocriniens et des pesticides dangereux. Exit en revanche le revenu universel, la taxe sur les robots, le 49-3 citoyen, la sortie du nucléaire... Des mesures loin d'être anecdotiques, et qui constituaient le coeur du programme de Benoît Hamon.

Dans la nouvelle mouture apparaît l'idée d'une "dotation en capital de départ de 10.000 euros pour chaque jeune adulte", soit un "patrimoine universel", défendu par François Hollande.

Le document contient aussi la promesses d'une revalorisation de la prime d'activité, du minimum vieillesse, et le passage à 3.000 euros du salaire des enseignants exerçant dans les territoires d'enseignement prioritaires. Il dit aussi clairement le refus du recours aux ordonnances sur le code du travail, prenant le contre-pied de la mesure défendue par Emmanuel Macron. 

Des choix assumés par le chef de file du groupe socialiste à l'Assemblée. Dans les colonnes des Echos, Olivier Faure estime que le projet porté par Benoît Hamon "n’a pas été compris parce qu’il défendait une vision ambitieuse qui ne semblait pas étayée par des propositions suffisamment concrètes".

"Un projet législatif s’ancre par définition dans des mesures précises. Aucune de celles que nous portons aujourd’hui n’entre en contradiction avec ce que nous avons défendu pendant la présidentielle", se défend-t-il. 

LR abandonne l'augmentation de la TVA...

Du côté des Républicains, réunis eux aussi mardi en bureau politique, le même processus de refont a été acté. "La question, c’est de parler à tous les Français", admet Eric Woerth dans Les Echos. A tous les Français, mais aussi à l'UDI, à qui le projet doit être présenté ce mercredi.

Mardi dans Le Figaro, François Baroin assurait que les modifications apportées au projet présidentiel étaient "indispensables" et avaient été décidées "dans le consensus". La mesure la plus emblématique ayant disparu est celle d'une augmentation de la TVA. Une hausse jugée trop sensible.

Et remanie la suppression des postes de fonctionnaires

En revanche, de nouvelles mesures sont mises en avant: la défiscalisation des heures supplémentaires "parce que cette mesure est efficace et fait largement consensus", de l'aveu d'Eric Woerth. Une baisse d’impôt sur le revenu de 10% en abaissant toutes les tranches, et le retour quotient familial au niveau de 2012, soit 2.330 euros par demi-part. Le projet de baisse du nombre des fonctionnaires a quant à lui quelque peu changé.

  • "On conserve l’objectif de baisse des effectifs, mais on considère que nous pourrons être à 300.000 emplois publics de moins à la fin du quinquennat et que l’on peut atteindre 500.000 en sept ans", explique le député-maire de l'Oise. 

De là à voir dans ce nouveau projet une version plus proche de celui d'Emmanuel Macron? Le parti réfute cette idée. "Emmanuel Macron entretient l’ambiguïté, nous sommes pour la clarté", estime Eric Woerth. 

Charlie Vandekerkhove