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17 députés forment un nouveau groupe à l'Assemblée, LaREM perd la majorité absolue

Le député ex-LaREM Matthieu Orphelin.

Le député ex-LaREM Matthieu Orphelin. - Thomas SAMSON / AFP

Avec la création de ce nouveau groupe, LaREM perd la majorité absolue au Palais-Bourdon et devra davantage composer avec ses alliés, le Modem et Agir.

Ils sont finalement 17. Un neuvième groupe politique avec des Macronistes et anciens Macronistes est "déposé officiellement" ce mardi à l'Assemblée, annoncent certains de ses membres fondateurs. Le groupe LaREM perd du même coup de justesse la majorité absolue, au moins temporairement.

Baptisé "Ecologie Démocratie Solidarité", ce nouveau groupe est "indépendant", "ni dans la majorité, ni dans l'opposition", écrivent dans leur déclaration politique les élus. Parmi ses membres figurent d'anciens "marcheurs" comme Matthieu Orphelin (proche de Nicolas Hulot), ou encore des membres de l'aile gauche de LaREM comme Aurélien Taché ou Cédric Villani.

Tous ces députés ont été élus en 2017 sous l'étiquette LaREM à l'exception de Delphine Batho.

Une perte seulement temporaire de la majorité?

Avec ce neuvième groupe - un record dans l'hémicycle du Palais-Bourbon - LaREM perd sept de ses membres ou apparentés, tombant à 288, juste sous le seuil de la majorité absolue (289 sièges) qu'il détenait jusqu'alors à lui seul. Un symbole fort même si le groupe majoritaire peut s'appuyer sur ses 46 alliés du MoDem et la dizaine d'élus Agir.

Le groupe pourrait toutefois récupérer rapidement la majorité absolue si la future suppléante d'Olivier Gaillard (ex-LREM, qui devrait quitter son poste de député pour devenir maire), rejoint les rangs des "marcheurs", comme annoncé par le député.

Un soutien à l'exécutif au cas par cas

Le nouveau groupe entend contribuer à "une ambition forte de transformation sociale et écologique".

"Répondre à l'urgence écologique, moderniser la démocratie, réduire les inégalités sociales et territoriales : nous pouvons faire plus et mieux à l'Assemblée nationale", estiment ces députés, pour qui "après le Covid-19, plus rien ne doit être comme avant".

"Nous pousserons et soutiendrons toutes les décisions à la hauteur des enjeux, mais saurons nous opposer dans tous les autres cas", préviennent ces députés.

Dans un document, ils listent leurs "15 premières priorités": cela va d'"un plan de réindustrialisation pour une souveraineté et une autonomie retrouvées" à une "réelle transparence de la vie publique" en passant par le rétablissement d'un système de santé "robuste" ou une refonte de "la fiscalité du capital et du patrimoine".

"Point de bascule historique"

Pour défendre cette initiative, dont le timing interroge, l'une des cofondatrices du groupe, l'ex-LaREM Paula Forteza, a déclaré sur notre antenne que la France était à "un point de bascule historique". 

"Les décisions qui vont être prises pour les prochaines semaines et les prochains mois vont être structurantes pour l'avenir de la France, pour l'avenir de la planète", juge l'élue de la circonscription des Français d'Amérique latine et des Caraïbes. "Nous voulons peser sur ces décisions", a-t-elle prévenu. 

Justice sociale et fiscale, revenu universel, revalorisation des métiers en "première ligne"... "On a déjà combattu en interne tous les membres du groupe, (...) mais on n'a pas pu aller aussi loin qu'on le voulait", constate Paula Forteza. Elle accuse par exemple le gouvernement de vouloir revenir sur les 35 heures et entend l'inciter, par le biais du groupe EDS, à investir davantage dans la transition écologique. Avec 17 membres au total, le pari pourrait s'avérer difficile à tenir.

M.D. avec AFP