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Yvelines: nouvelle nuit de violences urbaines, un cirque incendié à Chanteloup-les-Vignes

Des policiers et une caserne de pompiers ont notamment été ciblés par des tirs de mortiers, tandis qu'une partie d'un cirque inauguré l'an passé a été détruite par un incendie. Aucun blessé n'est à déplorer et au moins deux interpellations ont eu lieu.

Un peu plus d'une semaine après les événements de Mantes-la-Jolie, une autre ville des Yvelines a été le théâtre d'une soirée de violences. Elles ont éclaté à Chanteloup-les-Vignes, en grande banlieue parisienne, après des affrontements entre jeunes et policiers qui ont entraîné l'incendie d'un chapiteau de cirque d'une valeur de 800.000 euros.

La ville est "la proie d'agressions diverses et variées depuis plusieurs jours", s'est agacée la maire, Catherine Arenou (DVD) évoquant les coupures d'éclairage public quotidiennes provoquées depuis un mois par certains jeunes dans le quartier sensible de la Noé.

Cocktails molotov, tirs de mortiers, jets de projectiles

Les affrontements ont débuté ce samedi dès 19 heures "avec des jets de cocktails molotov", selon une source policière. Les forces de l'ordre ont ensuite essuyé des jets de projectiles ou des tirs de mortiers jusqu'à 23 heures. Les policiers ont été pris à partie par "une trentaine de jeunes" au plus fort des événements.

L'incendie du chapiteau s'est déclenché vers 22h30 et "a calmé tout le monde" d'après la police, qui compte deux blessés légers dans ses rangs. Deux personnes ont également été interpellées, un mineur de 17 ans et un majeur, selon une source proche de l'enquête à BFMTV. Sur Twitter, Christophe Castaner a exprimé sa "pleine confiance" dans la police "pour identifier les auteurs de ces actes lâches et imbéciles et les traduire en justice".

"Indéfectible soutien aux policiers et pompiers pris pour cible hier soir", a ajouté le ministre.

Pour Catherine Arenou, il s'agit d'un "incendie délibéré" puisque "il a été retrouvé deux départs de feu, sur deux côtés" du bâtiment. La police a commencé son enquête et ne privilégie aucune piste pour le moment. Les images de l'incendie ont été largement relayées par les habitants sur les réseaux sociaux.

Un cirque inauguré l'an passé, pour 800.000 euros

Cette grande structure en bois qui a coûté 800.000 euros, appartenait à la Compagnie des contraires, une association de cirque implantée depuis près de 30 ans à Chanteloup. "On y trouve une école sociale du cirque" et le bâtiment "accueille beaucoup d'enfants", a déploré la maire, qui leur cherche actuellement une solution de repli.

"On va continuer et on va reconstruire", a assuré Alicia Baudry, la secrétaire de cette compagnie qui mène notamment des actions de prévention en milieu scolaire. "On travaille pour l'intégration des enfants de tous les quartiers", assure Alicia Baudry qui craint les retombées pour "l'image" de la ville. "C'est vraiment dommage. On va en parler en boucle, alors que c'est le fait d'une toute petite minorité qui veut faire le buzz. On ne devrait pas leur donner autant de publicité", estime-t-elle.

D'après Catherine Arenou, ce n'est pas le seul équipement du quartier qui a été visé samedi soir. "Il y a eu quelques essais sur le bureau d'information jeunesse qui a été fracturé. On a retrouvé de l'essence à l'intérieur et il y a eu une tentative d'incendie", a-t-elle détaillé. Selon nos informations, la caserne des pompiers a également été ciblée par des tirs de mortier.

"C'est inédit par la volonté délibérée d'attaquer plusieurs équipements publics en même temps", juge Catherine Arenou, s'exprimant sur notre antenne.

"Ça ne relève plus des compétences du maire, quand vous avez une cinquantaine d'individus qui sont capables de mettre à feu et à sang une cité qui ne demande qu'à s'apaiser. Vous n'imaginez pas comment on peut être écœuré de donner autant de son temps, autant de son énergie pour que tout s'améliore pour les habitants, et que derrière quelques petits cons arrivent à tout détruire. C'est insupportable", souffle-t-elle.

La rénovation urbaine en cause?

Cette poussée de violence est liée à des travaux de réhabilitation dans le quartier qui "dérangent l'économie sous-terraine", a avancé une source policière auprès de l'AFP. Une information confirmée par Catherine Arenou qui précise qu'une barre d'immeuble doit bientôt être démolie dans le cadre du programme de rénovation urbaine.

En avril 2018, une école maternelle avait brûlé dans le quartier de la Noé. Un événement que la maire avait mis en avant pour tirer la sonnette d'alarme sur le sort des banlieues, à quelques jours de la remise d'un rapport par Jean-Louis Borloo censé apporter des solutions pour les quartiers sensibles.

Raphaël Maillochon, avec Jérémy Maccaud et AFP