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Violences contre des policiers: une infirmière condamnée à une amende avec sursis

Une infirmière hospitalière, poursuivie pour avoir jeté des morceaux de bitume sur des policiers lors d'une manifestation à Paris, a été condamnée à une amende avec sursis le 14 septembre 2021.

Une infirmière hospitalière, poursuivie pour avoir jeté des morceaux de bitume sur des policiers lors d'une manifestation à Paris, a été condamnée à une amende avec sursis le 14 septembre 2021. - AFP

La mère de famille avait été interpellée le 16 juin 2020 quelques minutes après avoir jeté des projectiles et fait des doigts d'honneur en direction des forces de l'ordre, sur fond d'échauffourées à l'arrivée du cortège de soignants sur l'esplanade des Invalides à Paris.

Elle était poursuivie pour avoir jeté des morceaux de bitume sur des policiers lors d'une manifestation de soignants, à Paris en juin: une infirmière hospitalière a été condamnée ce mardi à une peine d'amende de 1000 euros avec sursis.

Farida C., 51 ans, a été condamnée pour des "doigts d'honneur" et des "violences n'ayant pas entraîné d'incapacité temporaire de travail" contre plusieurs dépositaires de l'autorité publique. Cependant cette condamnation ne sera pas inscrite à son casier judiciaire qui reste donc vierge. Elle devra verser 100 et 200 euros de dommages et intérêts à deux policiers, parties civiles au dossier, pour le préjudice moral subi.

La soignante a en revanche été relaxée des chefs de "résistance violente" et "outrages". Une décision "inespérée", a commenté son avocat Arié Alimi.

La soignante "très satisfaite"

Deux mois de prison de sursis avaient été requis lors de son procès le 22 février, marqué par la mobilisation de dizaines de soutien, à l'intérieur comme à l'extérieur du tribunal de Paris.

"La justice reconnaît notre souffrance, (...) a entendu notre exaspération", s'est félicitée Farida C., "très satisfaite" de cette décision.

"Il faut lutter ensemble pour sauver le service public et non pas toute seule, ce n'était pas très efficace", a-t-elle concédé, parlant de gestes "qui n'étaient pas prémédités". "Mais quand vous êtes en colère, vous ne réfléchissez pas à ce que vous faites", a-t-elle ajouté, estimant avoir "été contaminée par la violence de la police" ce jour-là.

"J'étais exténuée"

La mère de famille, qui travaillait alors à l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif (Val-de-Marne), avait été interpellée le 16 juin 2020 quelques minutes après avoir jeté des projectiles et fait des doigts d'honneur en direction des forces de l'ordre, sur fond d'échauffourées à l'arrivée du cortège de soignants sur l'esplanade des Invalides à Paris.

C'était trois mois après le début de l'épidémie de Covid-19. "J'étais exténuée, j'avais perdu la moitié de mes patients, ce n'est pas contre la police que j'ai jeté le bitume, c'était symbolique", avait argué la prévenue à la barre.

Relayées à l'époque sur les réseaux sociaux, des vidéos de la scène avaient été diffusées à l'audience. On y voit l'infirmière en blouse blanche en train de jeter des projectiles en direction des forces de l'ordre, avant d'être arrêtée sans ménagement.

On l'entend notamment implorer plusieurs fois les policiers: "donnez moi ma ventoline, je suis asthmatique". Des images qui avaient suscité la colère de l'opposition de gauche et contraint l'exécutif à monter au créneau pour défendre l'action des forces de l'ordre. Une plainte avait été déposée auprès de l'IGPN.

L'avocate des policiers n'a pu être jointe dans l'immédiat pour commenter la décision.

M.D. avec AFP