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Villeneuve Loubet: la justice enquête sur les travaux du port après un signalement d'Anticor

La balance de la Justice (illustration)

La balance de la Justice (illustration) - LOIC VENANCE / AFP

Selon Anticor, la procédure de mise en concurrence a été entachée de possibles irrégularités. La mairie dénonce une volonté de porter atteinte à la commune.

La justice va enquêter sur les conditions d'attribution de la délégation de service public du réaménagement du port de plaisance de Villeneuve Loubet (Alpes-Maritimes) et de son exploitation sur 30 ans, explique le Parquet de Grasse. C'est la mairie de la commune qui est visée, suite à un signalement de l'association anti-corruption Anticor.

"C'est gravissime de porter atteinte à l'honneur d'une collectivité de façon aussi gratuite. On se réserve le droit d'attaquer Anticor", a rétorqué le maire LR de Villeneuve-Loubet Lionnel Luca. "Jamais une procédure n'a été faite avec autant de rigueur et de transparence, cela nous a même valu les félicitations de l'Etat", assure-t-il.

C'est le consortium Maribay formé autour des sociétés Eiffage, Sodeports et de la Caisse des dépôts et consignations qui a remporté la nouvelle concession, devant Fayat, Vinci, Edeis et le sortant Sycim Pisarello dont les recours ont été rejetés.

65 millions d'euros d'investissements prévus

Dans son signalement, l'association déplore notamment l'omniprésence dans la procédure de la Chambre de commerce et d'industrie de Nice Côte-d'Azur déjà associée à la concession du port de plaisance d'Antibes, le port Vauban de 1.652 places où des investissements colossaux de 135 millions d'euros sont en cours.

Trois ans et demi de travaux et 65 millions d'euros d'investissement sont prévus pour reconfigurer le plan d'eau et ses 515 places le long d'une digue allongée qui aura des postes dédiés pour les catamarans.

Le financement du chantier pointé du doigt

Un centre de thalassothérapie désaffecté doit être rasé pour faire place à des équipements de luxe: hôtel 4 étoiles de 57 chambres, nouvelle capitainerie, restaurants, parking de 265 places, nouveau lagon avec des bassins d'eau de mer chauffée, etc.

Anticor conteste aussi le financement du chantier appuyé en partie par la vente aux propriétaires de bateaux de contrats d'amarrage de longue durée ou "garanties d'usage" sans qu'aucun nouvel anneau ne soit créé. À quoi le maire répond que sa commune de 15.000 habitants s'en tient à ce qu'on lui dit "être faisable légalement" et qu'Anticor défend une vision trop restrictive de la loi.

L.C avec AFP