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Une victime du père Preynat dit "ne pas pouvoir accepter d'excuse" de la part de l'ex-curé

Pierre-Emmanuel Germain-Thill, victime non-prescrite de l'ex-prêtre Bernard Preynat, estime auprès de BFMTV que son agresseur présumé est "dénué d'empathie". Il dénonce également la "chape de plomb" mise en place par l'institution catholique.

Au deuxième jour du procès de l'ex-prêtre Bernard Preynat, jugé à Lyon pour de multiples agressions sexuelles sur de jeunes scouts, la parole était aux victimes ce mercredi. Parmi elles, Pierre-Emmanuel Germain-Thill a été agressé sexuellement par l'ancien religieux au début des années 1990. Auprès de BFMTV, il est revenu sur ses attentes pour le procès, qui doit s'achever vendredi.

"Une personne dénuée d'empathie"

Pierre-Emmanuel Germain-Thill est arrivé à Lyon en février 1988, avec sa mère qui venait de divorcer. Il avait alors neuf ans. Pour l'aider à s'intégrer, on a conseillé à sa mère de l'inscrire à des camps de scouts. "Dès la fin 1988-début 1989, ont commencé les agressions avec le père Preynat jusqu'en février-mars 1991", nous explique-t-il.

Aujourd'hui, il "ne peut pas accepter d'excuse" de la part du prévenu. "C'est une personne dénuée d'empathie, il ne montre absolument aucune émotion", ajoute-t-il. Et de rappeler que les experts ont qualifié sa pathologie de "pervers narcissique". "C'est quelqu'un de très manipulateur", estime-t-il.

Il critique également la défense du père Preynat:

"Il se positionne aujourd'hui comme un grand-père un peu fatigué, mais qui a quand même la mémoire pour beaucoup de détails. Il se contredit parfois dans ses déclarations", affirme Pierre-Emmanuel Germain-Thill à notre antenne.

"Une chape de plomb"

Mais il s'en prend aussi à sa hiérarchie, qui a permis à l'ancien religieux de continuer ses agissements: "Une chape de plomb a été faite", car "à plusieurs reprises des responsables hiérarchiques ont été au courant", rappelle-t-il.

"On lui a laissé totale liberté pour créer un groupe de scouts en 1970 (...) qu'il a géré d'une main de maître pendant 20 ans", dénonce-t-il encore.

Pierre-Emmanuel Germain-Thill attend du tribunal correctionnel de Lyon "une condamnation exemplaire" et espère que dans ce cas, l'ancien religieux ne fera pas appel:

"Étant donné qu'il a dit lundi qu'il reconnaissait la douleur des victimes, étant donné qu'il se considère lui-même coupable, j'espère qu'il fera comme un ex de ses confrères à Saint-Etienne et qu'il ne fera pas appel de sa condamnation, afin que toutes les victimes, dont je fais partie, puissent tourner la page."
Esther Paolini