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Une plainte déposée contre l'armée après le suicide d'un élève de Saint-Cyr

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- - Illustration - AFP

Après le suicide d'un élève de l'école militaire de Saint-Cyr en 2016, sa famille porte plainte contre l'armée pour "entrave à la saisine de la justice" et "modification d'état des lieux d'un crime ou d'un délit".

Un an et demi après le suicide d'un élève de Saint-Cyr, sa famille a annoncé avoir porté plainte contre huit fonctionnaires dont deux colonels et un capitaine pour "entrave à la saisine de la justice" et "modification d'état des lieux d'un crime ou d'un délit", comme le révèle Le Parisien dimanche. La famille de Michaël Lavocat remet en doute la thèse du suicide de cet élève-officier de l’école militaire de Saint-Cyr. Le 9 février 2016, le jeune homme de 22 ans avait été retrouvé mort au sein du camp militaire de la Courtine (Creuse), le front collé à son fusil Famas, avec lequel il s’était tiré une balle dans la tête.

Une première enquête ouverte pour "provocation au suicide", avait été classée en mai 2016 en "suicide simple", tout comme l’enquête de commandement ordonné par Jean-Yves le Drian, alors ministre de la Défense.

Nombreuses zones d'ombre

La famille de Michaël Lavocat pointe les nombreuses zones d'ombre du dossier. Si certains détails comme des recherches effectués par l'élève officier sur internet concernant "les doses mortelles de certains médicaments", un SMS envoyé à sa petite amie où il lui confiait son malaise ainsi que le vol d'une balle sur un stand de tir, étayent la thèse du suicide, certains point n'ont jamais été élucidé, comme le précise Le Parisien.

Tout d'abord, le matin du drame, deux camarades de section de Michaël Lavocat avait tenté de le joindre sur son portable à 7h29 et 7h35 soit une heure avant sa mort. Auditionné l'après-midi du décès, l'un des deux militaires avait omis de préciser qu'il avait tenté de contacter la victime. Le second n'a lui, jamais été entendu. L'exploitation du portable de Michaël Lavocat montre qu'il n'avait jamais reçu d'appel de ces deux militaires quatre mois avant son suicide.

Autre élément troublant, quelques jours avant sa mort, l'élève officier avait annoncé à sa hiérarchie le décès de son père, ancien militaire, pourtant bien vivant. Enfin, la scène du drame avait été nettoyée l'après-midi même du suicide de Michaël Lavocat, et un témoin a affirmé que des morceaux de balle avaient été ramassés mais jetés aux ordures.

G.D.