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Une mère agresse une professeur en plein cours

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Mercredi, la mère d'un élève a fait irruption dans une classe de collège près de Poitiers parce qu’elle n’avait pas apprécié un mot dans le carnet de correspondance. « Elle a mis des gifles au professeur et un coup de pieds dans le ventre », témoigne le proviseur.

Le collège Jules-Verne de Buxerolles, près de Poitiers, était réputé difficile, mais à ce point, personne ne l’avait imaginé. Mercredi, une enseignante d’histoire géographie a été violemment agressée par la mère d’un élève de 4e. Elle n’avait pas apprécié les remarques écrites sur le carnet de correspondance à propos d’un travail non-fait et de l’oubli de ses cahiers de classe.

« La maman a été très violente »

Tout commence quand la professeur écrit un mot sur le carnet de correspondance. « La maman a répondu de manière très agressive » sur ce même carnet, raconte Philippe Meunier, le proviseur. A la demande de la professeur, il convoque alors l’élève « avec lequel il n’y a pas eu de problème » et lui rappelle les règles. Il s’apprêtait à faire de même avec les parents lorsqu’il est pris de court : « la famille a réussi à rentrer dans le collège normalement fermé, et sans demander l’autorisation, ils sont allés directement dans la salle d’histoire géographie du professeur », témoigne le proviseur. Et l’agression commence. « La maman a été très violente et a mis des gifles au professeur et un coup de pied dans le ventre ».

« Les collègues demandent leur mutation tous les ans »

Interpellée par la police quelques minutes plus tard, elle est alors placée en garde à vue, au cours de laquelle elle a d'ailleurs frappé deux policiers d'une gifle et d'un coup de pied. Elle sera convoquée devant le tribunal correctionnel de Poitiers pour répondre de "violences sur fonctionnaires et violences sur agents de la force publique".

Immédiatement, les collègues de la victime ont cessé le travail. Responsable du SNES (Syndicat national des enseignants du second degré) de l’Académie de Poitiers, Magalie Espinasse reconnait qu’il s’agit d’un collège « dans lequel les conditions de travail sont difficiles, même si cet évènement est exceptionnel ». Ainsi, dit-elle, « les collègues demandent leur mutation tous les ans. Nous sommes intervenus plusieurs fois auprès du rectorat pour que des stagiaires ne soient pas affectés dans ce collège ». Les professeurs se réunissent ce jeudi pour décider des mesures à prendre. Mardi, déjà, un élève de 18 ans avait agressé son professeur dans un lycée technique près de Bordeaux. 

Deux agressions, en moins d'une semaine, qui ont scandalisé le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon. « Je voudrais dire de façon solennelle qu'il est inacceptable que des fonctionnaires, en l'occurrence des professeurs, puissent être agressés dans l'exercice de leurs fonctions. De ce point de vue, je condamne fermement toutes les agressions passées et à venir », a-t-il déclaré jeudi en marge d'une réunion sur la refondation de l'école, à Orléans. « J'ai demandé à ce que l'institution soit auprès des professeurs et pas seulement dans l'indignation - je suis indigné et j'espère tous les Français avec moi - mais en même temps dans l'action judiciaire », a ajouté le ministre, en rappelant qu'il avait saisi le procureur.

La rédaction, avec Philippe Meunier