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Une Française témoigne des horreurs de l’inceste, en plein scandale autrichien

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L’affaire d’Elizabeth Fritz en Autriche secoue l’opinion. Témoignage de Lydia, violée par son beau-père pendant 28 ans.

Alors que l'Autriche est secouée depuis 3 jours par l'affaire d'Elisabeth Fritz, violée et enfermée pendant 24 ans par son père, on apprend l'existence d'un cas similaire en France. Elle s'appelle Lydia, elle a 45 ans et habite à Coulommes (Seine-et-Marne). Pendant 28 ans, son beau-père lui a fait vivre un enfer. Violences physiques insoutenables, viols, privations. Six enfants vont naître de cette relation forcée.

Lydia a entamé une procédure judiciaire, qui n'est pas finie. Son beau père est mort en 1999. Interviewée par François-Xavier Ménage, elle témoigne : « A 8 ans, j'ai été brûlée, puis après il a fait des attouchements. A 18 ans, il m'a fait des gosses, il a dit que j'étais adulte et que je pouvais avoir des enfants. Il m'attachait et me mettait des bouts bois pour que je ne plie pas mes jambes, puis il faisait ses trucs. Il était obligé de m'attacher parce que je bougeais et je ne voulais pas. C'était sa façon de faire. Quand j'avais mes règles, c'était même pas la peine. Il se vengeait sur les enfants, il tapait les enfants parce que je ne voulais pas faire ça quand j'avais mes règles. A chaque fois qu'il était violent comme ça, il m'endormait à l'éther ».

Les gendarmes, les services sociaux, les voisins... Pendant toutes ces années, personne n'a réagi malgré les appels au secours de Lydia. D'ailleurs, elle le dit elle-même : ce qui l'a sauvée, c'est la mort naturelle de son beau-père. Aujourd'hui elle déclare : « Il aurait dû mourir plus tôt. Heureusement qu'il est mort. Je me dis « Combien il m'aurait fait d'enfants ? ». Tout le monde voyait, personne disait. Les voisins, ils ne m'ont pas aidée alors qu'ils m'entendaient hurler. J'ai fugué plusieurs fois, mais ils m'ont toujours ramenée, même quand j'étais majeure. Ils me faisaient passer pour quelqu'un d'illettré. »

Interrogée sur sa relation avec ses enfants, elle se dit aujourd'hui « heureuse avec eux, mais ça n'a pas toujours été le cas. Avant j'avais une petite haine de les avoir, maintenant je suis fière de les avoir. Ce n'était pas des enfants désirés. J'ai eu deux enfants ensuite avec mon nouveau compagnon, Sylvain. Heureusement qu'il était là. C'est ce qui me fait plus pleurer que ce que j'ai subi. C'est dur parce que personne ne nous aide. La nuit, je ne dors pas. L'autre fois, j'ai rêvé qu'il était là. C'est un cauchemar. Des fois j'aimerais partir, puis renaître. Mais ça, ça n'existe pas ».

La rédaction et François-Xavier Ménage