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Une Française réclame justice pour le meurtre de son petit garçon à Singapour

Le Belge risque 10 ans de prison maximum, selon la loi en vigueur à Singapour.

Le Belge risque 10 ans de prison maximum, selon la loi en vigueur à Singapour. - Mohd Fyrol - AFP

En 2015, un petit garçon, Keryan, était tué après avoir été drogué et étouffé par son père, un Belge de 42 ans. I a été condamné à cinq ans de prison pour "homicide involontaire" par la justice singapourienne. Sa mère, une Française de 40 ans, dénonce l'absence de procès.

Elle réclame une vraie justice pour son petit garçon. Ce lundi, un Belge de 42 ans est jugé à Singapour pour avoir tué son petit garçon de 5 ans l'an dernier, dans un contexte de séparation difficile avec sa compagne. La mère du petit Keryan, elle, dénonce l'indulgence de la justice de cette cité-Etat du sud-est de l'Asie qui a condamné l'homme à cinq ans de prison pour homicide involontaire.

"Cette peine est nécessaire pour montrer que les agissements de l'accusé ne doivent pas être ignorés", a déclaré la juge Hoo Sheau Peng, ajoutant avoir pris en compte que l'homicide avait été commis contre un enfant vulnérable et le fait que l'auteur était le père de la victime.

Le 6 octobre 2015, après plusieurs années de violences et d'humiliation, Philippe Graffart, cadre belge, tue son fils en l'étouffant après lui avoir donné un somnifère. Depuis qu'elle est enceinte, Gwendoline Graffart, la mère de Keryan, subi les coups de colère de son mari avec qui elle s'est mariée en 2011 peu après la naissance de leur fils. "Ses sautes d'humeur pouvaient être déclenchées par n’importe quel petit détail", décrit-elle auprès de L'Obs.

Violences et intimidations

Le couple s'est installé à Singapour en 2013 profitant d'une opportunité professionnelle. Gwendoline espère un nouveau départ pour sa famille, mais rapidement le couple se sépare. Intimidations, menaces de mort proférées à plusieurs reprises... la mère de famille de 40 ans dépose des mains courantes et porte plainte auprès de la police singapourienne. L'enquête pour intimidation criminelle se conclut par un simple rappel à la loi.

Quelques mois avant la mort de son fils, la mère de famille de 40 ans obtient de la cour de la famille un ordre de protection pour elle et son petit garçon, reconnaissant qu’il y avait un danger imminent de violence familiale. Ce qui n'empêche pas Philippe Graffart d'avoir la garde de son enfant. La plus grande crainte de Gwendoline porte sur un possible enlèvement de son enfant. Concernant les menaces de mort, elle imagine qu'elles ne sont tournées qu'à son encontre.

Absence de procès

Après la mort de Keryan, Gwendoline Gaffart a dû faire face à un autre combat: celui face à la justice singapourienne. Son ex-mari a obtenu la requalification des faits d'assassinats, punis de la peine de mort à Singapour, en homicide involontaire, dont la peine maximum est de 10 ans de prison. Il ne s'agira même pas d'un procès mais plutôt d'une transaction entre la défense et la cour. Le parquet a estimé que le Belge de 42 ans présentait un état dépressif qui aurait pu altérer son discernement. Ce que conteste la Française qui parle d'un pervers narcissique.

"J'ai suggéré de mener une contre-expertise en français, donné une liste de personnes pouvant témoigner, en vain, car la partie civile n'est pas représentée dans le système local", se désole-t-elle auprès du Parisien.

Depuis la mère de famille a alerté l'ambassade de France, celle de Belgique, à qui elle reproche de ne pas avoir réagi avant et après la mort de l'enfant. Elle dénonce également le manque de réaction du ministère français des Affaires étrangères. La Française a adressé un courrier à François Hollande et a lancé une pétition sur Internet qui a déjà recueilli plus de 56.000 signatures. "Il a tué notre fils car il savait que ce serait le pire des moyens pour me faire souffrir... Keryan n'aura même pas droit à un procès digne de ce nom, c'est nier la valeur de sa vie", conclut avec émotion Gwendoline.

Justine Chevalier