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Une centaine de jihadistes français signalés en Syrie

Un homme marche parmi les ruines de Raqqa, "capitale" de Daesh pendant trois ans, le 16 janvier 2018.

Un homme marche parmi les ruines de Raqqa, "capitale" de Daesh pendant trois ans, le 16 janvier 2018. - Delil Souleiman - AFP

Près d'une trentaine de familles sont signalées, comptant une soixantaine d'enfants.

Une centaine de jihadistes français sont signalés en Syrie, a-t-on indiqué samedi dans l'entourage du ministre des Affaires étrangères, revenant sur de premières déclarations qui évoquaient leur arrestation par les forces kurdes dans ce pays.

"Ce sont des personnes qui nous ont été signalées par des familles ou leurs avocats. Elles peuvent être signalées comme détenues, retenues ou simplement présentes sur place", a-t-on précisé.

Au total, près d'une trentaine de familles sont ainsi signalées, dont "cinq ou six" seulement se trouvant dans des camps de détention, a-t-on ajouté. "Sur la centaine de signalements concernés, il y a une soixantaine d'enfants, le reste sont des adultes", a-t-on encore précisé.

25 à 30 familles signalées

Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait déclaré mercredi sur BFMTV qu'une "petite centaine" de jihadistes avaient été "arrêtés par les Kurdes en Syrie". Parmi les 25 à 30 familles signalées, la plupart ne comptent que la mère et les enfants, a-t-on souligné dans l'entourage du ministre. "Quand un mari est signalé, deux fois sur trois il est annoncé comme décédé", a-t-on ajouté de même source.

S'y ajoutent six familles en Irak, selon les indications données mercredi par Jean-Yves Le Drian. Trois Françaises sont actuellement détenues dans ce pays et dans l'attente de leur procès. Les autres familles sont signalées mais non localisées, a-t-on précisé samedi.

Jugés par les autorités locales

Conformément à la doctrine française, ces jihadistes "vont être jugés par les autorités judiciaires locales, ils ne seront pas rapatriés en France", a rappelé mercredi le ministre. Seuls leurs enfants pourront être rapatriés par le biais de la Croix-Rouge.

"Pour ce qui concerne les adultes, la position est extrêmement claire: ils sont destinés, s'ils sont détenus, à être jugés par les tribunaux soit en Irak soit en Syrie (...). Pour l'instant on n'a jamais envisagé qu'ils soient jugés ailleurs que sur place", a-t-on souligné dans son entourage.

Dans le cas syrien, ils relèveront des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de forces kurdes et arabes qui a repris notamment Raqqa, capitale autoproclamée de Daesh. Concernant ceux qui ont été arrêtés en Irak, où la peine de mort est appliquée, la France fera savoir son opposition à tout verdict aboutissant à la peine capitale.

C.V. avec AFP