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"Un grand gâchis": les avocats du père d'Estelle Mouzin déplorent une mise en examen tardive de Fourniret

Son nom était revenu à plusieurs reprises dans l'enquête sans qu'il soit officiellement mis en cause. Le tueur en série Michel Fourniret a été mis en examen ce mercredi dans l'enquête sur la disparition d'Estelle Mouzin, laissant entrevoir la fin d'une énigme criminelle vieille de 17 ans.

Seize ans après la disparition de la petite Estelle Mouzin en Seine-et-Marne, les avocats d'Éric Mouzin, père de la fillette, ont déploré que la justice ait perdu tant de temps à écarter la piste Michel Fourniret, alors que le tueur en série a finalement été mis en examen ce mercredi dans cette affaire.

"On a perdu beaucoup de temps parce qu'on s'est refusé à considérer cette piste comme sérieuse alors que Michel Fourniret avait mis les enquêteurs sur cette piste", a regretté sur notre antenne Me Didier Seban, l'avocat d'Éric Mouzin.

"Il y a deux ans, il avouait déjà"

"Michel Fourniret demandait à être jugé sur l'affaire Estelle Mouzin, ainsi que deux autres affaires qu'il a reconnu maintenant il y a deux ans. D'une certaine manière, il avouait déjà sa participation dans les faits mais on a pas voulu l'écouter et on a pas travaillé cette piste comme il se devait", a dénoncé l'avocat, estimant que cette mise en examen était "une vraie étape de passée dans l'élucidation de la disparition d'Estelle Mouzin".

Me Corine Herrmann, l'autre avocate du père d'Estelle Mouzin interrogée ce mercredi soir sur notre antenne, a rappelé que cette piste était pour eux "évidente" depuis 2017. "Notre sentiment c'est évidemment 'un grand gâchis' dans la mesure où il a fallu pour la famille Mouzin attendre 17 ans pour retomber sur une piste initiale, qui a été reprise, rediscutée pendant des années pour arriver à cette mise en examen aujourd'hui", a-t-elle regretté face à la presse.

Une piste relancée plusieurs fois

La police s'était intéressée plusieurs fois à la piste Fourniret. En 2006 déjà, une photo d'Estelle Mouzin avait été retrouvée sur son ordinateur, mais il a été mis hors de cause en 2007 dans cette affaire. Puis six ans plus tard, l'expertise de milliers de poils et cheveux prélevés dans sa voiture n'avait pas non plus permis de trouver de trace ADN de la fillette.

Les spéculations sur sa possible implication avaient néanmoins été relancées après une audition survenue en mars 2018, au cours de laquelle il avait déclaré que la disparition d'Estelle Mouzin était "un sujet à creuser", estimant avoir le "cul merdeux" dans cette affaire.

Des déclarations alors considérées comme des "aveux en creux" par les avocats du père d'Estelle Mouzin, Me Corinne Hermann et Me Didier Seban, engagé dans un combat sans relâche pour connaître la vérité sur la disparition de sa fille.

Jeanne Bulant