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Police-Justice

Trois OQTF, plusieurs identités: ce que l'on sait de l'homme suspecté d'avoir violé une femme à l'hôpital Cochin

Sous le coup de trois obligations de quitter le territoire français, l'homme était en situation régulière au moment des faits, en raison d'une demande d'asile déposée le mois précédent.

Lors de sa garde à vue, le principal suspect dans l'affaire du viol à l'hôpital parisien de Cochin a nié les accusations. Ce n'était pas la première fois qu'il était questionné par la police. Selon les informations de RMC, l'homme est connu des services de police sous treize identités différentes et a été arrêté pour vols, recel et usage de drogue. Le procureur de Meaux a aussi indiqué à RMC qu'il a été suspecté de viol sur mineure en Seine-et-Marne en 2020 mais que l’affaire a été classée sans suite.

L'homme a été placé en garde à vue en octobre après qu'Isabelle (le pénom a été modifié) a été violée à l'hôpital Cochin, selon son témoignage. La femme de 34 ans passait initalement la soirée dans un bar parisien lorsqu'elle a fait un malaise. Elle est tombée et sa tête a heurté le sol. Prise en charge par les pompiers et conduite à l'hôpital Cochin, dans le 14e arrondissement de la capitale, elle est alors placée dans un box individuel.

"Dans les vapes", elle raconte à RMC avoir été réveillée par un homme en train de la violer. Face aux cris d'Isabelle, il a pris la fuite avec sa carte bancaire. Alertée par le personnel soignant, la police a retrouvé l'homme une heure plus tard, alors qu’il venait de faire des achats dans une épicerie avec la carte de la victime.

Sous le coup de trois OQTF

Selon les informations de BFMTV, l'homme était sous le coup de trois obligations de quitter le territoire français (OQTF). Une décision d'OQTF est prise par le préfet notamment en cas de refus de délivrance de titre de séjour ou de séjour irrégulier en France, explique le ministère de l'Intérieur sur son site. Elle oblige la personne concernée à quitter la France par ses propres moyens dans un délai de 30 jours.

L'homme suspecté du viol à Cochin s'est vu délivrer une OQTF en octobre 2019, en février 2021 et en juillet 2022. Il a dit à chaque fois être de nationalité égyptienne, ce qui n'a pas pu être vérifié.

Ces OQTF n'ont pas pu être exécutées puisqu'elles ont toutes été délivrées à des identités différentes. En octobre 2022, au moment du viol, il n'était toutefois pas en situation irrégulière: le mois précédent, il avait déposé une demande d'asile. Sauf exception, les demandeurs d'asile bénéficient d'un droit au maintien sur le territoire le temps que leur requête soit instruite.

Les OQTF sont difficilement appliquées en France. Dans le cas de cet homme, ses plusieurs identités et son adresse inconnue ont par exemple rendu compliqué le fait de le retrouver.

Des témoins le décrivent en train de rôder

Selon les témoignages de plusieurs personnes présentes au bar le soir du viol subi par Isabelle, cet homme rôdait autour d'elle, la regardant avec insistance. Le patron de l'établissement avait d'ailleurs demandé à un de ses agents de l'éloigner, selon les informations de RMC.

Une heure après le départ d'Isabelle avec les pompiers, l'homme a dit se sentir mal et un témoin estime qu'il a simulé un coma éthylique. Les pompiers l'ont pris en charge et c'est ainsi qu'il s'est, lui aussi, retrouvé à l’hôpital Cochin. Il a été placé dans une chambre qu'il a quitté avant d'être intercepté par une infirmière. Les caméras de surveillance de Cochin ont montré qu'il était ensuite à nouveau sorti de sa chambre et avait rejoint le box de la victime.

Les tests pratiqués sur lui en garde à vue ont révélé qu’il n’était pas sous l’emprise de l’alcool mais qu’il était positif au cannabis et à la cocaïne. Après sa garde à vue, il a été placé en détention provisoire et mis en examen dans le cadre d'une information judiciaire ouverte le 30 octobre pour viol commis par une personne sous l'emprise de stupéfiants, vol et escroquerie, selon une source judiciaire à l'AFP.

Isabelle a également porté plainte contre X pour "mise en danger de la vie d’autrui". Elle estime que l’hôpital Cochin n’a pas pris toutes les mesures pour assurer sa sécurité alors qu’elle était inconsciente sur son lit.

Cécile Ollivier, Guillaume Biet avec S.C